Né en 1979 à Philadelphie, où il passera toute
son enfance, Sean COSTELLO reçoit sa première guitare pour son neuvième anniversaire, la même année où sa famille décide de déménager pour s’installer à Atlanta. Il apprend alors à jouer de l’instrument en autodidacte, influencé tout d’abord par le hard-rock qu’il écoute, puis par sa découverte des répertoires de Stevie Ray VAUGHAN et de Howlin’ Wolf. C’est en écoutant l’album "Rockin’ Chair" d’Howlin’ Wolf que Sean COSTELLO se tourne réellement vers le Blues, soutenu dans son apprentissage du style par le bluesman Felix REYES.
En 1994, devenu un jeune prodige de la guitare, Sean COSTELLO remporte le concours de la Memphis Blues Society’s Talent Award, auquel a également participé la blueswoman Susan TEDESCHI. Rapidement Sean COSTELLO devient le guitariste principal du groupe de Susan, participant ainsi à ses tournées durant environ deux ans.
Puis en 1996, Sean COSTELLO fonde son propre groupe, qu’il constitue autour des membres du groupe des Jiwebombers, avec Paul LINDEN à l’harmonica et au piano, Terrence PRATHER à la batterie et Carl SHANKLE à la basse, se réservant pour lui-même la partie guitare et chant. Ensemble ils enregistrent la même année le premier album de Sean, "Call The Cops", sur lequel le jeu à la guitare du jeune bluesman, dans un style très Blues des années 50, force immédiatement le respect. Au travers les 15 titres de cet album, dont plus de la moitié ont été écrits par Sean COSTELLO, et ses interprétations très personnelles de grands classiques comme "Sit Down Baby" de Willie DIXON et "One More Chance With You" de Little WALTER, il montre qu’il est déjà dans le sillage du Blues transmis par Stevie Ray VAUGHAN.
En 1997, sa réputation d’excellent interprète live, lui permet de participer aux côtés de B.B.
KING et de Buddy GUY au concert caritatif de Ma Rainey House, à Colombus en Géorgie, avant de collaborer à l’album éponyme de Fiji Mariners. Puis, Sean COSTELLO rejoint Susan TEDESCHI en studio, pour prendre part en 1998 à l’enregistrement de son album "Just Won’t Burn", qui deviendra disque d’or.
Après avoir réalisé de nombreux concerts aux Etats Unis, Sean COSTELLO réorganise son groupe, remplaçant Carl SHANKLE par Melvin ZACHANY à la basse et ajoutant Matt WAUDROPE aux claviers pour laisser Paul LINDEN se concentrer sur la partie piano et harmonica. Ainsi, avec un total de six musiciens, Sean COSTELLO enregistre fin 1999 les 14 titres de son nouvel album, "Cuttin’ In".
Sorti en janvier de l’année suivante, ce deuxième opus, mélange de jump-blues, de Chicago-blues et de R&B, offre à Sean COSTELLO d’imposer son style au milieu de la jeune génération montante du Blues et de s’en démarquer. "Cuttin’ In" démontre en effet que sa musique a une âme, car non seulement l’esprit de Sean COSTELLO est imprégné par les 12 mesures, mais aussi son cœur.
Véritable démenti apporté aux préjugés que provoque son jeune âge, Sean n’a alors que vingt ans lorsque paraît "Cuttin’ In", cet album
prouve que son objectif n’est pas uniquement d’être techniquement bon à la guitare et au chant, mais avant tout de mettre ses talents artistiques au service de la musique qu’il interprète. La virtuosité indéniable de Sean COSTELLO n’est jamais mise en avant pour le faire valoir, mais juste l’un des éléments composant chacune de ses interprétations.
Salué par la critique, "Cuttin’ In" devient disque d’or et vaut à Sean COSTELLO d’être nominé au WC Handy Awards dans la catégorie Best New Artist Debut.
En 2001, Sean COSTELLO enchaîne avec un troisième album, "Moanin’ For Molasses", qui atteste définitivement de ses capacités et talents artistiques. Avec un mélange subtil de Blues, de R&B et de Soul qui caractérise dorénavant son style, et sa voix qui a muri, Sean COSTELLO transmet ici tout en finesse l’évidente envie de jouer qui l’anime. De sa relecture des titres Soul "I Want You So Bad" (James BROWN) et "You Can’t Win With a Losing Hand" (Johnnie TAYLOR), au R&B de Mike BLOOMFIELD ("You’re Killing My Love") en passant par le Blues pur d’Otis RUSH ("It’s Take Time") et de Willie DIXON avec le titre "One Kiss", tous les morceaux de cet album transmettent l’inspiration de Sean COSTELLO à nous rendre dépendants de l’excitation que dégage son nouvel album. A noter également la place de choix réservée à l’harmoniciste Paul LINDEN, qui a coécrit ou écrit deux titres sur "Moanin’ For Molasses", dont l’instrumental "The Plumber", qui lui permet de réaliser un superbe solo.
La maturité de Sean COSTELLO et son jeu magistral à la guitare, lui valent d’être alors comparé à B.B.KING, Eric CLAPTON ou Stevie Ray VAUGHAN, alors que la presse spécialisée, unanime, voit en lui la prochaine star du Blues.
En 2002, Sean COSTELLO participe à l’album "Return of Legend" de Jody WILLIAMS, où aux côtés de Tinsley ELLIS, Rusty ZINN et Ronnie BROOKS, il joue sur deux morceaux.
Fin 2004, enregistré à New York et produit par Steve ROSENTHAL (The Rolling Stones, Suzanne VEGA, Freddy JOHNSTON) pour Artemis Record, Sean COSTELLO sort son album éponyme, explorant pour l’occasion l’étrange maillage de la Soul de Memphis, de la funk, du rock et même du hard-rock. Mais entre l’explosif "No Half Steppin’" et la ballade soul-urbaine "All I Can Do", le Blues n’en est pas pour autant oublié, avec l’exceptionnelle relecture du classique "Big Road Blues" de Tommy JOHNSON. Avec sept compositions personnelles sur les treize titres que contient cet album et cette extraordinaire vision de la musique, Sean COSTELLO confirme avec ce quatrième opus, son statut d’auteur-compositeur incontournable du Blues. Ne faisant ressortir sa virtuosité à la guitare que si le titre qu’il interprète en sort grandi, Sean COSTELLO prouve que la réalisation de son ego ne fait pas partie de ses objectifs artistiques.
Mais durant cette période, la fermeture du label Artemis prive Sean COSTELLO d’une distribution à la hauteur de son dernier album. Conséquence directe, une seule date est programmée sur sa tournée en Europe, le 4 mai 2004 en France, à l’Espace Blues de Paris. En mars 2005, Sean COSTELLO se retrouve sur scène au côté d’Hubert SUMLIM, lors du South By Southwest à Austin (Texas) et participe ensuite en 2007 à l’album comeback de Nappy BROWN, "Long Time Coming". Parallèlement sa notoriété lui permet dorénavant de réaliser plus de 300 concerts par an et l’autorise enfin à se produire sur les scènes du monde entier.
Début 2008, Sean COSTELLO sort ce qui deviendra son dernier album, "We Can’t Together", sur lequel une fois de plus, neuf des onze titres enregistrés sont des compositions personnelles. A travers une incursion vers la Southern-soul des années 70, teintée de funk, de rock et de R&B, Sean COSTELLO au sommet de son art guitaristique et vocal, transmet un groove dense et profond dans chacune de ses interprétations. Avec une voix encore plus mûre et l’utilisation de solos à bon escient, Sean COSTELLO s’autorise même un détour proche du gospel avec le titre "Going Home", ainsi qu’un retour superbe vers le Blues traditionnel avec le morceau "Little Birds". Nul doute, lorsque que paraît "We Can’t Together", Sean COSTELLO est à son apogée.
Malheureusement la veille de son 29ème anniversaire, le 15 avril 2008, Sean COSTELLO
est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Atlanta. Atteint depuis quelques temps d’une psychose maniaco dépressive (PMD) et soigné contre l’anxiété, l’autopsie de Sean révèlera qu’une overdose d’un cocktail d’héroïne, d’éphédrine, d’amphétamine et de Librium (son médicament contre l’anxiété) est à l’origine de son décès.
Quelques mois plus tard, Sean COSTELLO fut nominé deux fois aux Blues Music Awards, en tant que Meilleur Bluesman Contemporain et pour le Meilleur Album Blues Contemporain avec "We Can’t Together". Levez les yeux, une nouvelle étoile brille dans le ciel bleu !
© texte NPO pour Abc Blues & Soul. Avril 2009