Né en 1937 à Albanie, Géorgie, James WHEELER ne correspond pas au stéréotype du bluesman qui, bercé par le Blues dès son plus jeune âge commence alors à jouer d’un instrument au début de son adolescence. Car ses influences musicales à lui proviennent plutôt des big-bands de l’époque, comme ceux de Joe STAFFORD, de Glenn MILLER ou de Duke ELLINGTON, de ces grandes formations qui jouent de la musique populaire, et sa première idole, Louis JORDAN, quant à elle vient du Jazz. Concernant l’apprentissage d’un instrument de musique, alors que son frère ainé Golden joue très jeune de l’harmonica, James WHEELER devra patienter jusqu’à l’aube de ses vingt ans pour commencer à tirer quelques accords d’une guitare. Car ce n’est qu’en 1956, lorsqu’il part rejoindre son frère ainé à Chicago, que James WHEELER sur les traces de Golden qui se produit déjà dans les clubs de la ville, commence à s’intéresser à l’univers musical du Blues. En effet, au contact des rencontres artistiques que fait son frère, James WHEELER décide alors d’apprendre la guitare pour participer lui aussi aux jams que réunissent Golden et les musiciens locaux, comme Little WALTER dont le son qu’il tire de son harmonica le fascine. Mais la première véritable sensation de James WHEELER pour le Blues est le fruit de sa rencontre avec le chanteur et harmoniciste Billy Boy ARNOLD, avec lequel il va jouer à partir de 1960 au club Arden.
En 1963, James WHEELER décide de fonder son propre groupe, les Jaguars, qui se composent de James à la guitare, de Johnny HOWARD à la basse et au chant, et de Sam BURDEN à la batterie. Le groupe commence par se produire sur la 111ème rue, au King James Club, mais le tournant décisif pour leur carrière se produit lorsqu’ils montent sur scène avec Sly JOHNSON au club Just Me Lounge. Leur prestation remarquée leur permet alors d’accompagner les grands noms du Blues et du Rhythm and Blues du moment, comme McKinley MITCHELL, B.B. KING, Millie JACKSON, Otis CLAY et O.V. WRIGHT.
En 1972, après que les Jaguars se soient séparés, James WHEELER intègre le groupe de Otis CLAY, The OCB’S, avec lequel il va partir en tournée pour une durée de trois ans. Puis en 1975, James rejoint l’orchestre des Impressions, groupe de R&B qui réunit à cette époque Fred CASH, Sam GOODEN, Nate EVANS et Reggie TORIAN.
Au début des années 80, James WHEELER délaisse quelque peu la musique et exerce différents petits boulots pour vivre, continuant à se produire malgré tout sur scène les week-ends accompagné le plus souvent du guitariste Buddy SCOTT. Il faut attendre 1986, pour qu’un certain Otis RUSH le contacte, et lui propose de remplacer au pied levé son guitariste habituel le temps d’un concert à Kingston. James WHEELER qui accepte, est loin de se douter que cette collaboration avec Otis RUSH durera en fait sept ans. Grace à RUSH qui aménage ses prestations sur scène, James WHEELER a alors l’occasion de s’essayer au chant et peut dorénavant interpréter la partie vocale sur certains titres.
En 1993 James WHEELER quitte la formation d’Otis RUSH et part rejoindre le groupe Mississippi Heat fondé par l’harmoniciste Pierre LACOCQUE et avec lequel il enregistre trois albums entre 1993 et 1995 ("Straight From the Heart", "Learned the Hard Way" et "Thunder In My Heart"). James WHEELER joue alors aux côtés de Robert COVINGTON (chant/batterie), de Pierre LACOCQUE (harmonica), du guitariste Billy FLYNN et du bassiste Bob STROGER dès la création du groupe, puis au départ de COVINGTON en 1993, Deitra FARR assure la partie vocale et Allen KIRK prend sa place à la batterie. Durant cette même période, James WHEELER accompagne également Magic Slim et Willie KENT sur leurs tournées.
En décembre 1997, James WHEELER entre enfin en studio pour son propre compte, sous le label Delmark, et enregistre dix compositions personnelles qui aboutiront à la sortie l’année suivante de son premier album solo, "Ready !". Entouré de Billy FLYNN (guitare), de Ken SAYDAK (piano), de Bob STROGER (basse), de Vernon RODGERS (batterie), de son frère Golden WHEELER (harmonica) et de la chanteuse Gloria THOMSON-RODGERS qui lui compose un titre pour l’occasion, James WHEELER après quarante ans de bons et loyaux service comme sideman, montre enfin sa vraie personnalité artistique au travers cet album. Il joue un Blues coulé et très fluide, du modern Blues électrique au discret parfum de Chicago. Il reprend également sur cet album un titre de Sonny Boy WILLIAMSON (John Lee), "Good Morning Little Schoolgirl".
Après de nombreuses tournées en Europe et aux Etats Unis, James WHEELER retourne en studio en décembre 1999, pour enregistrer les 14 compositions personnelles de son prochain album, "Can’t Take It", qui sortira en mai 2000 chez Delmark. Toujours accompagné des mêmes musiciens, à l’exception de Ron SORIN qui remplace son frère Golden à l’harmonica et de Marty BINDER à la batterie, James WHEELER parvient à mettre sa voix encore plus en avant que sur son album précédent, comme sur les excellents "This Can’t Be Happening To Me"(*), "My Baby’s Gone"(*) ou encore "I Can’t Take It"(*). James laisse également ses musiciens exprimer pleinement leurs capacités artistiques, comme pour Billy FLYNN qui réalise un très beau solo sur "You Make It Hard Baby"(*), ainsi que pour Ken SAYDAK à l’orgue sur le nonchalant "Goin’ To The Station"(*).
Parfaite illustration que la persévérance et l’expérience finissent par payer, James WHEELER aura dû patienter longtemps pour exprimer librement et totalement son sens artistique du Blues au travers les deux magnifiques albums qu’il a réalisé. Espérons que le dicton "jamais deux sans trois" s’applique rapidement à la production discographique de James WHEELER; bluesman tranquille qui avance doucement mais irrévocablement vers la lumière. (*) extraits ci-dessous. © texte NPO pour Abc Blues & Soul. Février 2009.
| Je vous conseille pour découvrir le Blues fluide et coulé de James WHEELER, l'album "Ready!" de chez Delmark paru en 1998. Regroupant 13 titres, dont 10 compositions personnelles, cet album offre immédiatement une immersion total et sans retenue dans l'univers musical au parfum discret de Blues modern électrique de Chicago de James WHEELER. Pour vous permettre d'acquérir cet album même en cas d'indisponibilité de l'édition nationale, je vous ai établi un lien égalemnnt vers la version import de "Ready!". Une chance supplémentaire de pouvoir acheter cet album pour un prix sensiblement identique à sa version traditionnelle.
Si votre budget vous permet une dépense plus importante, je vous conseille de poursuivre votre découverte artistique de James WHEELER au travers de son second album "Can't Take It" paru en 2000 sous le label Delmark. Avec 14 nouvelles compositions personnelles, cet album finira de vous dévoiler toutes les qualités et subtilités de son Blues. Je vous recommande d'écouter particulièrement les trois titres qui mettent en valeur la voix de James WHEELER, à savoir "This Can’t Be Happening To Me", "My Baby’s Gone" ou encore "I Can’t Take It", titres qui devraient vous inciter rapidement à investir dans cet album. (lien commercial ci-dessous) (la version import) Extraits de la totalité des titres de "Ready!" et de 5 titres de "Can't Take It", ci-dessous. |