Née Ida PRATHER en février 1896 dans la ville de Toccoa, Géorgie, Ida est la fille de Lamax et Susie (KNIGHT) PRATHER. Elle passe son enfance dans la ville de Cedartown, Géorgie, où elle apprend le chant dans la chorale de l’African Methodist Church, avant de quitter dès l’adolescence la maison familiale pour parcourir le sud du pays avec différents Minestrel Shows (spectacles ambulants). C’est à cette époque qu’elle rencontre Adler COX, un artiste jongleur, avec lequel elle se marie et devient Ida COX. Dans les différents spectacles de vaudeville auxquels elle participe durant cette période, Ida COX assure par intermittence soit un tour de chant, soit la présentation de sketches humoristiques. Au début des années 20, après avoir partagé l’affiche du 81 Theatre d’Atlanta avec le pianiste Jerry Roll MORTON, Ida COX signe un contrat avec la Paramount Record en 1923. Cette alliance qui durera jusqu’en 1929, va permette à Ida COX d’enregistrer plus de soixante dix titres où elle sera la plupart du temps accompagnée de Love AUSTIN et du trompettiste Tommy LADNIER. Parallèlement, elle réalise également des enregistrements sous différents pseudonymes, comme Velma BRADLEY, Kate LEWIS et Julia POWERS, pour graver certains titres sous d’autres labels, comme Silvertone. Durant ces années, Ida COX participe aussi à plusieurs spectacles, comme le Sepia Mae West et fonde sa propre troupe de vaudeville, Her Raisin’ Cain Company, avec laquelle elle effectue de nombreuses tournées. Pendant les années 30, même si Ida COX se produit sur scène moins régulièrement, elle joue tout de même fréquemment au Café Society Downtown de Greenwich Village, à New York, et sa participation en 1939 au concert From Spirituals to Swing du Carnegie Hall, aux côtés de John HAMMOND, accroît considérablement sa notoriété. Ida COX retourne alors plusieurs fois en studio pour Vocalion et enregistre certains titres avec des artistes de Jazz de renommée, comme le guitariste Charlie CHRISTIAN, le pianiste Fletcher HENDERSON, les trompettistes Hot Lips PAGE et Henry "Red" ALLEN, le tromboniste Jay C. HIGGINBOTHAM ou encore le vibraphoniste Lionel HAMPTON. En 1940, avant d’enregistrer toute une nouvelle série de titres, Ida COX passe sous contrat avec Okeh Records. Mais après avoir continué à se produire régulièrement sur scène dans différents spectacles, Ida COX est victime en 1944 d’un accident vasculaire cérébral. Soumise à une retraite forcée pendant pratiquement toutes les années 50, il faut attendre 1961 pour retrouver enfin Ida COX en studio. C’est grâce au producteur de disques Chris ALBERTSON, qui la persuade de faire un ultime enregistrement, qu’Ida COX lors d’une séance dans les studios du label Riverside, entourée du trompettiste Roy ELDRIDGE, du saxophoniste ténor Coleman HAWKINS, du pianiste Samy PRICE, du bassiste Milt HINTON et du batteur Jo JONES, donne naissance à ce qui va devenir son ultime opus discographique, l'album "Blues for Rampart Street". Car après être retournée vivre auprès de sa fille, à Knoxville, Ida COX décède dans cette ville du Tennessee en 1967 des suites d’un cancer. Souvent considérée comme l'égale de Bessie SMITH ou de "Ma" RAINEY, Ida COX s’est pourtant distinguée des autres artistes du Classic Blues Singers par la perfection qui habitait certaines de ses compositions, comme "Wild Woman Don’t Have The Blues", "Coffin’ Blues", "Death Letter Blues" ou "Moanin’ The Blues" et par la qualité des musiciens dont elle aura su s’entourer en studio. Sa carrière discographique qui s’étend de 1923 à 1961 et qui aura produit régulièrement d’excellents Blues, comme le sombre et émouvant "Last Mile Blues" des années 40, aura influencé de nombreux artistes comme T-Bone WALKER ou Victoria SPIVEY. Sur les traces de la pionnière Mamie SMITH et de son "Crazy Blues" de 1920, Ida COX s’est imposée comme l’une des meilleures chanteuses du Blues classique des années 20, avec des qualités vocales et artistiques qui lui auront permis de durer dans le temps. Ida COX une grande dame du Blues. © texte NPO pour Abc Blues & Soul. Janvier 2009. | Devant l'indisponibilité chronique des albums d'Ida COX et même si je classe ci-dessous mes préférences discographiques, je vous invite à ne pas hésiter à vous tourner vers un autre album, si vous ne pouviez pas vous procurer votre premier choix, pour ne pas passer à côté de l'oeuvre de cette blueswoman. Je vous conseille donc pour découvrir la splendeur du répertoire de cette grande dame du Blues, l'album "Ida Cox: The Essential" de chez Classic Blues. Avec un total de 36 titres enregistrés, cet album offre une première approche vraiment intéressante des chansons d'Ida COX. Si votre budget vous permet une dépense plus importante, l'album "The Uncrowned Queen of the Blues" vous donne la possibilité d'appronfondir la période 1923/1924 à l'écoute des 20 titres que regroupe cet album. Enfin pour les passionnés, l'indispensable et dernier opus discographique d'Ida COX, l'album "Blues for Rampart Street", reste incontournable pour terminer la découverte de l'oeuvre d'Ida COX. Comme je vous en parlais en préambule, je vous donne le dernier album parfois disponible d'Ida COX, pour de ne pas passer à côté de son répertoire si les albums conseillés précedemment étaient indisponibles. Il s'agit de l'album "I Can't Quit My Man" qui avec ses 18 titres offre une dernière vraie opportunité pour parcourir l'oeuvre d'Ida COX. (lien commercial ci-dessous) Extraits des deux titres de "I Can't Quit My Man" et de "Blues For Rampart Street", ci-dessous. |