Elevé dans une famille de douze enfants, dont il est le onzième, Robert FERGUSON apprend le piano dès son plus jeune âge grâce aux cours que lui paye son père, révérend baptiste, avec comme seule condition qu’il se consacre uniquement à la musique religieuse. Mais chaque fois que l’office religieux se termine, Robert n’a qu’un rêve en tête, se remettre au piano dans l’église pour jouer du Blues.
Ainsi, à l’âge de 19 ans, Robert FERGUSON intègre l’orchestre de Joe LIGGINS, The Honeydrippers, époque où leur manager Chet PATTERSON lui donne le surnom de Cobra Kid. Puis il quitte cette formation pour se produire en solo à Harlem, au Baby Grand Club, boite de nuit réputée. Gardant son surnom de Cobra Kid jusqu’à la mort de Chet PATTERSON, Robert FERGUSON enregistre quelques singles sous différents labels, comme Derby ou Atlas, où il prend alors le nom de H-Bomb Ferguson. Puis il entre en studio à la fin des années 40 pour le label Prestige, en compagnie cette fois du batteur Jack The Bear PARKER.
En 1951, il signe un contrat avec le label Savoy Records, enregistrant certains des titres qui deviendront des incontournables de son répertoire. Jusqu’en 1952, sous le label Savoy, son association avec Jack PARKER va lui permettre de mettre en valeur toute sa puissance vocale et d’inaugurer ce style musical si particulier qui deviendra sa marque de fabrique. Enfin jusqu’en 1954, H-Bomb FERGUSON passe sous contrat avec le label Esquire.
Pendant toute cette partie de sa carrière discographique, de 1951 à 1954, si H-Bomb FERGUSON a axé son répertoire essentiellement vers le Rhythm and Blues, il a aussi signé quelques superbes Blues et ballades bluesy. Des morceaux endiablés comme "Wine Head", "Good Time Gal", "Hard Lovin Woman", "Rock H- Bomb Rock", "Slowly Goin’ Crazy" ou "Preachin’ The Blues", aux Blues sombres et tendus comme "I Love My Baby", "On My Way", "Big City Blues", "My Brown Frame Baby", "Hot Kisses", "You Made Me Baby" ou "Hole In The Wall", toute la palette artistique de FERGUSON profite de ses prouesses vocales pour s’imposer dans le circuit R&B de l’époque. Sa voix âpre et puissante, ses textes pleins de verve et d’humour ainsi que son style dynamique et explosif, ont su rendre l’univers musical de H-Bomb FERGUSON si différent, que le public fut obligé de le remarquer.
Mais avec l’arrivée du Rock’n Roll et les goûts du public qui changent, la plupart des Blues shouter comme H-Bomb FERGUSON ne trouvent alors plus leurs places. Découragé de ne pas savoir quelle direction donner à sa carrière pour reconquérir son public, H-Bomb FERGUSON décide de s’installer à Cincinnati, Ohio, où il enregistre épisodiquement quelques titres pour les labels Finch, Big Bang, ARC et la prestigieuse firme Federal en 1960. Au début des années 70, il décide même de ne plus se produire sur scène et abandonne donc les tournées.
De retour dans les années 80 et présent lors de certains festivals à partir de 1986, H-Bomb FERGUSON enregistre sous le label Chicago’s Earwig un nouvel album en 1993, "Wiggin’ Out", soutenu par une nouvelle formation de jeunes musiciens qui l’accompagne, The Medecine Man. Certains titres enregistrés pour l’occasion, comme "Meatloaf", démontre qu’il n’a rien perdu de son côté sauvage et dynamique, qu’il reste un pianiste talentueux et que la silhouette chétive qu’il arbore maintenant, n’a pas atteint ses capacités artistiques. Suite à la publication de ce nouvel opus, H-Bomb FERGUSON redevient un habitué des festivals Blues et R&B.
Mais suite à une crise d’emphysème suivie de complications cardiaques, H-Bomb FERGUSON décéde à l’hôpital de Cincinnati en novembre 2006.
Chanteur extravagant au style flamboyant et au dynamisme débordant, H-Bomb FERGUSON et ses perruques très colorées ont donné au Blues un personnage haut en couleur et une musique qui rompt avec le style parfois lancinant du Blues-ballades. Bref! Un véritable hurleur de Blues (Blues-shouter).
© texte NPO pour Abc Blues and Soul. Janvier 2009.