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| © illustration J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul | 
| Robert Pete WILLIAMS, né le 14 mars 1914 à Zachary, Louisiane. Décédé le 31 décembre 1980 à Rosedale, Louisiane. |
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Extraits | Santa Fe Blues | Cow Bell Mourn | Time's so Hard with Me | I'm Gonna Go to the River |
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En quelques lignes... | Albums Conseillés | Il a débarqué tout cru, avec son blues polyphonique et son chant clamé. Quelque chose entre l’Afrique ancestrale, les litanies monocordes du Delta et l’esprit modal du jazz d’avant-garde. Un art du lancinant, ancré dans les hollers et tourné vers le pointillisme des post boppers de chez Blue Note. Instinctif, dramatique et intense, tel était Robert Pete Williams, premier et ultime country bluesman free.
A l’instar de Mance Lipscomb et Fred McDowell, Robert Pete Williams n’avait jamais enregistré, ni même seulement imaginé le faire, lorsque le courant folk blues du début des années 60 l’a précipité sur les scènes universitaires américaines, l’extirpant pour cela du pénitencier d’Angola où il était censé finir ses jours pour s’être défendu à coup de revolver d’un type, blanc et déterminé à lui faire la peau. | Aux côtés d’une escouade de héros oubliés - Son House, Skip James, Mississippi John Hurt – Robert Pete Williams révèle alors à une Amérique, charmée et soudain attentive, cette musique que sa jeunesse noire, elle, a déjà définitivement rayée de sa mémoire. | © illustration J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul. pour l'agrandir, cliquez ici: | De tous ces bluesmen acoustiques, Williams est le plus déroutant. A la fois spontané et méditatif, rustique et complexe. Son pouvoir émotionnel est presque brutal, fait de contrastes saisissants entre une syncope hypnotique et la limpidité virevoltante des notes de sa guitare. Pour le décrire, certains iront jusqu’à évoquer des révolutionnaires : Mingus, Miles, Coltrane. Un comble pour cet ouvrier des campagnes qui ne lit pas la musique - ni rien d’autre d’ailleurs, vu qu’il n’a jamais mis les pieds dans une école – et borne volontiers son terrain à un seul accord et sans même regarder aux formes que le blues est censé suivre.
| Le résultat est proprement fascinant. Tandis que son pied martèle le sol, et que d’un pouce courbé comme une faucille il découpe des mesures flottantes sur les cordes graves de son Harmony Archtop, ses doigts picorent des notes cristallines le long du manche, improvisant, sur d’étranges harmonies, des sonorités - parfois presque des dissonances - comme le blues rural n’en a jamais produites. Des paroles jaillissent par saccades fiévreuses, attaquées tel un cri et qui s’éteignent le plus souvent dans l’amorce d’un sanglot. | | Interrogé, Robert Pete Williams s’explique en invoquantl’effet de l’air qui vibre autour de lui, l’éther des choses, tous ces trucs qu’il ressent et qui le poussent à saisir sa guitare et laisser filer ses doigts tout pendant que des mots s’emparent de sa voix. Ses plages – on hésite à parler de chansons chez Robert Pete Williams – se présentent comme des voyages intérieurs, des improvisations dont il semble lui-même être un simple chamane. D’ailleurs, si cela ne tenait qu’à lui, il ne leur donnerait pas véritablement de nom. Prisoner’s Talking Blues | Son répertoire - terme tout aussi impropre puisqu’il ne joue jamais vraiment deux fois la même version de ses blues – regorge de longues pièces aussi rayonnantes que ténébreuses. A commencer par l’incontournable "Prisoner’s Talking Blues" dans l’improvisation duquel il s’est lancée ce jour de 1958 où, sorti de sa cellule, il a joué devant le professeur des universités venu récolter des work songs sur son petit magnéto portatif. « La souffrance nue d’un homme » dira Peter Guralnik à son propos. |
Pour le reste, inutile de chercher à distinguer quelque titre. Il faut juste savoir qu’il n’en ait aucun de négligeable. Tout est affaire de circonstance, d’humeur, de ces affaires intimes et changeantes pour lesquelles il y a toujours un blues de Robert Pete Williams pour être, à cet instant, le plus émouvant du monde.
| Comme tous ses pairs du revival folk blues, Robert Pete Williams a enregistré une série de disques dont les non initiés considèrent qu’ils se ressemblent un tantinet. Il est vrai que l’album initial, le bien nommé "Free Again", s’avère difficilement surpassable. A sa suite, son auteur est devenu un incontournable des festivals progressistes, tournant régulièrement sur les campus universitaires. Si sa musique est restée aride, il a quand même appris à devenir un artiste à part entière et élargi son répertoire pour adoucir un peu son jeu. | Extraits disponibles dans la partie "Plus d'informations sur" |
Et quand la mode du country blues s’en est allée, cela n’a pas dérangé outre mesure celui qui n’aura jamais vraiment cherché plus loin que la compagnie de ses voisins, le samedi soir, sur un back porch, après le boulot.
© texte JC LEGROS pour Abc Blues & Soul. Octobre 2010
| Je vous conseille de découvrir le Blues rural, riche, dense, et si personnel de Robert Pete WILLIAMS, au travers de l’album "I’m As Blue As A Man Can Be" paru sous le label Arhoolie. Regroupant 15 titres gravés entre 1959 et 1970, ce recueil est le premier volume d’une série de 2 opus que la label Arhoolie édita en 1994, pour retracer l’une des périodes essentielles de son œuvre. Compositions enregistrées après sa libération du pénitencier d’Angola et jusqu‘au début des années 70, elles dévoilent pour la plupart l’état d’esprit dans lequel se trouvait alors Robert Pete, entre la joie de sa liberté retrouvée et la fatalité d’une liberté surveillée. Un Blues vrai bâti sur du vécu.
Si votre budget vous permet une dépense supplémentaire, je vous suggère donc d’acquérir le volume 2 de cette série, paru en 1994 chez Arhoolie, l’album "Robert Pete Williams, Vol.2". Avec les 14 titres que propose cette compilation, toujours enregistrés entre 1959 et 1970, vous détiendrez alors un total de 29 morceaux gravés par Robert Pete WILLIAMS, pour découvrir pleinement toute la richesse et la puissance émotionnelle que renferment ses interprétations. Tantôt sur une six cordes, tantôt sur une douze, son jeu à la guitare transperce son auditoire par sa simplicité et son efficacité. Autre solution, pour réaliser une première approche de son œuvre, l’album "Poor Bob’s Blues" paru en 2004 sous le label Arhoolie. Car avec les 19 titres que regroupe cet album sur 2Cd, enregistrements réalisés entre 1959 et 1980, vous découvrirez également toute la force émotionnelle que renferme et distille le country-blues de Robert Pete WILLIAMS. Recueillis par Harry OSTER pour son label Folk Lyric, les titres les plus anciens de cette compilation illustrent parfaitement le style si personnel de son Blues traditionnel, comme le montre immédiatement "My Mind Wondering Around" qui ouvre cet album. Enfin pour les passionnés, je vous suggère l’album "Long Ol’ Way From Home", paru en 2004 sous le label Fuel 2000. Les 15 titres que contient cet album, captés en live par Norman DAYRON lors de concerts donnés à l’Université de Chicago et au Lake Forest College en 1965 par Robert Pete WILLIAMS, bénéficient d’une qualité d’enregistrement qui transcende le pouvoir émotionnel de ses interprétations. Au sommet de son art, Robert Pete y révèle effectivement toute la beauté de son jeu acoustique à la guitare et de sa voix, au travers des interprétations qui en disent long sur sa sincérité et son implication. Une prise de son feutrée et intimiste, de qualité, au service des prestations intemporelles de ce grand bluesman. Comme si un héritage nous était légué. (lien commercial ci-dessous) Extraits de la totalité des titres de "Robert Pete Williams, Vol.1" et de "Robert Pete Williams, Vol.2", ci-dessous. |
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Album conseillé: "Robert Pete Williams, Vol. 1" Publié en 1994, sous le label Arhoolie (15 titres) et Album conseillé: "Robert Pete Williams, Vol. 2" Titres enregistrés entre 1959 et avril 1970 Publié en 1994, sous le Label Arhoolie (14 titres) et/ouAlbum conseillé: "Poor Bob's Blues" Titres enregistrés entre 1959 et 1980 Publié le 23 mars 2004, sous le Label Arhoolie (16 titres) et/ou Album conseillé: "Long Ol' Way from Home: The Chicago Sessions" Titres enregistrés dans les années 60 Publié le 16 mars 2004, sous le Label Fuel 2000 (9 titres) | Pour écouter l'album ou l'acheter cliquer sur le lien. Extraits de la totalité des titres de "Robert Pete Williams, Vol.1" et de "Robert Pete Williams, Vol.2", ci-dessous. |
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DVD |

| Extraits | Robert Pete Williams, Vol. 1 (15/15) | Tout écouter: | 1. Pardon Denied Again | | 2. This Wild Old Life | | 3. Just Tippin' In | | 4. Louise | | 5. Church On Fire | | 6. Texas Blues | | 7. I'm Blue As A Man Can Be | | 8. Up And Down Blues | | 9. So Much Is Happening In This Wicked World | | 10. Come Here Baby | | 11. Levee Camp Blues | | 12. Two Wings | | 13. Angola Special | | 14. Motherless Children Have A Hard Time | | 15. Please Lord, Help Me On My Way | |
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Extraits | Robert Pete Williams, Vol. 2 (14/14) | Tout écouter: | 1. When A Man Takes The Blues | | 2. I Had Trouble | | 3. All Night Long | | 4. Dyin' Soul | | 5. I Got The Blues So Bad | | 6. Sinner Don't You Know | | 7. Hot Springs Blues | | 8. This Train Is Heaven Bound | | 9. Santa Fe Blues | | 10. Blue In Me | | 11. Death Comes Creeping In Your Room | | 12. Wife And Farm Blues | | 13. I Want To Die Easy | | 14. Robert Pete Williams Monologue | |
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