Little Pink est né en 1954 à Spartenburg, Caroline du Nord, où son père Pinkney "Pink" ANDERSON bluesman légendaire, veille à lui transmettre le style et la technique du Blues qui a fait sa légende, celui du Piedmont, ce Blues mélodique caractéristique de cette région du Vieux Sud, au pied des Appalaches. Ainsi à l‘âge de 3 ans, Little Pink accompagne déjà son père sur le circuit des médicine-show du sud de la région où il se produit, apprenant à son contact les rudiments de la guitare. « Il m’aura fallu quarante ans pour comprendre à quel point il m’avait influencé », reconnaît Little Pink ANDERSON. Car, lorsque l’on écoute aujourd’hui son répertoire, même si Little Pink ne se contente pas d’interpréter que le répertoire des autres, on croit entendre son père et toute l’école des bluesmen de Caroline du Sud.
Après que sa mère, Mary Flynn Geneva BRYANT, soit morte alors qu’il n'avait que 5 ans, Little Pink passe son adolescence en Caroline du Sud, région où beaucoup de jeunes de milieux défavorisés s’évadent dans l’alcool et la drogue. Little Pink ne fait pas exception à la règle et plonge aux contacts de ses fréquentations dans la spirale des interdits. A cette époque, la musique est surtout pour lui un prétexte pour draguer et gagner un peu d’argent facilement, « Mon père était le type même du hustler (arnaqueur), quelqu’un qui vit d’expédients », sourit-il. «Pour moi, la musique n’est rien d’autre que tout cela et je peux vous dire que je suis le digne fils de mon père» déclare t-il.
Mais en 1972, Little Pink touche le fond lorsqu’il est condamné pour attaque à main armée. Condamné à 15 ans de réclusion, il restera en prison sept ans, un mois et un jour, période durant laquelle son père décèdera (1974). Puis mis en liberté conditionnelle, Little Pink ANDERSON commence sa carrière de bluesman, mais ses démons qui ne le lâchent pas le ramènent en prison en 1994, condamné pour avoir conduit un véhicule malgré une suspension de permis. Il écope alors d’une peine de 33 mois de prison, qu’il fera dans son intégralité, refusant cette fois une libération conditionnelle pour sortir en homme libre, sa peine purgée.
Libéré, Little Pink décide de se consacrer exclusivement à la musique et acquiert une solide réputation de guitariste sur le circuit où il se produit, accompagné souvent par l’harmoniciste Freddie VANDERFORD et interprétant essentiellement le répertoire de son père. Mais en 2005, après de longues années difficiles, Little Pink est victime d’une attaque cardiaque et curieusement, alors qu’il lui arrive de ne plus reconnaître certains de ses proches, ses doigts continuent de trouver naturellement les accords sur le manche de sa guitare. Mais très vite, son état de santé se détériore et Little Pink perd plus de trente kilos. Hospitalisé, les médecins lui apprennent qu’il souffre de diabète, ce qui explique bien des choses sur son état de santé.
C’est alors, grâce à sa rencontre avec Tim Duffy et Music Maker qui lui permettent de reprendre pied avec son vrai métier, la musique, que Little Pink recommence à se produire sur scène et à composer. Music Maker publie l‘album "Carolina Blues" en mai 2005, sur lequel Little Pink accompagné d’un deuxième guitariste acoustique, Cool John FERGUSON, rend hommage au répertoire de son père au travers les 12 titres enregistrés pour l’occasion. Mais Little Pink ANDERSON se remet à l’écriture, car:
« Quand j’écris mes propres chansons - déclare-t-il - je repense à tout ce que j’ai vécu, aux bons moments et aux mauvaises passes que j’ai pu traverser. Le tout est de raconter des histoires qui intéressent les gens et qui les touchent, pour pouvoir les interpréter avec feeling ».
Vous pourrez vous en rendre compte bientôt car Little Pink Anderson devrait se produire dans l’hexagone en mai 2009 afin d’assurer la promotion de son nouvel album, "Sittin’ Here Singing The Blues", qui est sorti en 2008. Regorgeant de pépites, cet album fait la part belle au blues traditionnel, comme avec le titre "He ‘s in a Jailhouse Now" ou avec la reprise de "See That My Grave is Kept Clean’" de Blind Lemon JEFFERSON à laquelle il redonne vie et force avec une émotivité à fleur de peau. Mais cet album survole également le blues contemporain, avec une reprise de Lionel RICHIE, "Easy", et une autre de Tony Joe WHITE, "Rainy Night in Georgia", ajoutant à son Blues pour interpréter ces titres, une bonne dose de swing. A noter aussi l’extraordinaire adaptation réalisée par Little Pink ANDERSON du titre "St James Infirmary", sur lequel la symbiose guitare-chant vous permettra d’explorer certaines contrées encore inconnues de votre sensibilité et de votre émotivité.
Le Piedmont Blues est entre de bonnes mains avec Little Pink ANDERSON.
© texte NPO en collaboration avec le site BLUESWEB pour Abc Blues & Soul. Mars 2009. Remerciement spécial à Philippe L.