Né dans la région du Delta, Robert Lee BURNSIDE découvre le Blues très jeune au travers de la musique de Mississippi Fred McDOWELL, Robert JOHNSON, Washboard Sam et Big Bill BROONZY. Mais c’est en écoutant le titre "Boogie Chillen" interprété par John Lee HOOKER, que Robert Lee alors âgé d’une vingtaine d’années, décide d’apprendre à jouer de la guitare en s’inspirant du Down Home Blues, ce Blues spontané et sans fioriture venu du sud profond (le Deep South).
Après avoir formé un premier groupe de Blues, qu’il crée pour divertir la clientèle d’un bar qu’il dirige à cette époque, R.L BURNSIDE est découvert en 1967 par l’ethnomusicologue Georges MITCHELL, qui l’enregistre plusieurs soirs chez lui interpréter ses titres à la guitare acoustique. Le label Arhoolie Records publie alors l’album "Mississippi Delta Blues, Vol.2", sur lequel une face est consacrée à R.L. BURNSIDE et dont la publication sort notre bluesman de l’anonymat.
Mais l’emploi de métayer qu’exerce à cette époque Robert Lee, l’empêche de participer aux nombreux festivals auxquels il est alors convié en Europe et aux Etats Unis et le prive de la reconnaissance qu’il mérite. Il faut attendre 1979, pour que le chercheur David EVANS lui offre la possibilité d’enregistrer à nouveau quelques titres, qui publiés en France chez Vogue, lanceront réellement la carrière de R.L. BURNSIDE.
L’album qui en résulte, réédité en 1997 sous le nom de "Sound Machine Groove", révèle toutes les qualités artistiques de Robert Lee, grâce à ce Blues rural authentique mais moderne, qui constitue l’élément essentiel de son répertoire. Les titres de cet album dégagent une intensité musicale hors du commun, transmise dans un Blues magique et prenant qu’il interprète avec conviction et sincérité. L’authenticité et l’envie de jouer de R.L. BURNSIDE ne font alors plus aucun doute et le public le reconnaît ainsi comme le « dernier grand interprète du Delta Blues ».
Au début des années 90, alors que sort le véritable premier album de R.L. BURNSIDE, "Bad Luck City", sa notoriété grandissante lui permet enfin d’être reconnu aux Etats Unis. Mais victime d’une attaque cardiaque en 1999, R.L. BURNSIDE est obligé de ralentir le rythme, avant de revenir en force l’année suivante, avec l’album "Wish I Was in Heaven Sitting Down".
Après la parution du deuxième live de sa carrière, "Burnside on Burnside" (2001), qui retrace une tournée sur la côte ouest des Etats Unis, R.L. BURNSIDE est victime d’un deuxième malaise cardiaque en 2004, qui l’oblige de subir une intervention chirurgicale pour un pontage.
C’est après avoir publié son nouvel album, "A Brother Mind", l’un des plus représentatifs de son style, que R.L. BURNSIDE décède en septembre 2005 au Tennessee Hospital de Memphis, laissant une femme (Alice Mae), treize enfants et de nombreux petits enfants.
Compositeur-interprète reconnu tardivement, R.L. BURNSIDE avec sa voix puissante et caractéristique aura su différencier son style de celui du Delta-blues traditionnel, en injectant une dose d’originalité aux fondements ancestraux du genre. C’est sur les bases d’un Country Blues ne respectant pas toujours les schémas artistiques reconnus et d’une musique novatrice et dense, utilisant le plus souvent un unique accord simple et une ligne de basse répétitive, que R.L. BURNSIDE insuffla cette touche personnelle à son répertoire.
Mais l’envoutement que R.L. BURNSIDE produisait sur le public au travers de son Blues, venait avant tout de cette formidable envie de jouer qui l’habitait et qu’il transmettait dans chacune de ses interprétations au jeu parfaitement maîtrisé.
En 2005, la musique du diable perdait l’un de ses plus grands ensorceleurs.