La ressemblance saute aux yeux et taquine l’oreille. Layla ZOE fait irrémédiablement penser à Janis JOPLIN. Intensité, puissance, et jusqu’à cette gestuelle suggestive qui renvoie aux folies de la côte Ouest de la fin des années 60, quand rock, country et blues enflammaient une jeunesse soudain désinhibée. On pense aussi à Maggie BELL ou à Bette MIDLER. Canadienne, née à Victoria (Colombie Britannique), Laya chante depuis l’âge de quatre ans. Adolescente, elle se produit avec l’orchestre de son père au Fairview Pub de Vancouver. Elle écoute aussi sa collection de disques (Bob DYLAN, Tom WAITS, Frank ZAPPA, Neil YOUNG, Derek TRICK). En 2001, Layla Zoe rencontre le bluesman canadien David GOGO au cours d’un atelier Hornby Island Blues. Elle se retrouve peu après sur scène au Port Theater de Namaino à l’occasion du concert The Evolution Of The Blues organisé par le même GOGO. En 2003, le concert est diffusé dans le Saturday Night Blues Show d’Holger PETERSON sur CBC Radio. Cette même année elle est recalée – un bon signe ? – par la Canadian Idol (équivalent de la Star Academy) car trop typée blues. Sa carrière discographique commence en 2005, avec un EP cinq titres, "You Will" dans lequel on remarque l’accrocheur "Jungle Room" et un "Sometimes I Cry" bourré d’émotion. Cet été-là Layla se retrouve à l’affiche de festivals avec David LINDLEY, Keb MO et Bo DIDDLEY. En 2006 elle sort sont premier LP, "Shades Of Blue", et remporte le titre de chanteuse blues de l’année des Vancouver Island Music Awards. Layla ZOE s’installe à Toronto en 2007 et fait bientôt partie des chouchous de la scène locale tandis que son troisième disque, "Hoochie Coochie Woman", confirme l’ancrage dans un deep blues dont les générations de chanteuses récentes semblaient avoir perdu l’adresse. N’hésitant pas à s’éloigner de ses bases, elle s’en va dans la foulée gagner le concours Blues Heritage organisé en Finlande. En 2008, elle retourne en Finlande à l’occasion du Lakeside Blues Festival où se sont produits par le passé BB King, Johnny WINTER, Muddy WATERS et Koko TAYLOR. L’album "Live At Errington Hall" (2008) rend compte de la puissance de cette “Firegirl” - comme elle se qualifie dans le titre de son dernier album paru en 2009 - que certains n’ont pas hésité à comparer à un moteur 440 Six Pack lancé à pleine vitesse ! Avec déjà cinq albums résolument blues à son palmarès, la « réincarnation » de Janis comme on l’appelle dans son pays, confirme années après années des prédispositions décidemment beaucoup plus profondes qu’une simple ressemblance formelle avec "The Pearl".
On l’a entendue avec Jeff Healey, qui ne tarissait pas d’éloge sur la jeune sirène rousse. Clapton en personne s’est fendu d’un « great blues !» à son encontre qui a du aller droit au cœur de…. Layla ! Pour ceux qui attendent la vérité de la scène, ils devraient être convaincus par la jeune femme tant elle s’y impose avec une énergie communicative et se montre capable de faire jaillir l’émotion comme sur sa reprise du "When Something Is Wrong With My Baby" de Sam & Dave ou sa propre "Birthday Song". Sans parler de la gestuelle éloquente et sinueuse de cette "Hoochie Coochie Woman" aux tatouages ésotériques qui opère un effet hypnotique ravageur du côté mâle du public. Layla est séduisante en diable, ce qui ne saurait nuire au blues. Ses propres compositions et son investissement personnel sur tous les aspects de sa carrière, de la production de ses disques à la promotion de ses contrats, témoignent d’un engagement artistique total. Jeune femme hyperactive et végétarienne, Layla ZOE se multiplie sur tous les fronts, ne ratant jamais une occasion d’œuvrer pour le blues, comme lorsqu’elle profite du passage dans une ville pour aller parler musique dans les collèges du coin. Cette musicienne indépendante qui doit se battre pour vivre de sa musique, n’hésite pas non plus à partager une partie de ses gains avec des œuvres de bienfaisance. Avec Muddy Waters, Etta JAMES et Van MORRISON comme influences revendiquées, Laya ne saurait déparer dans le rôle de Janis Joplin dans un film en projet sur la chanteuse. Mais on sait que depuis "The Rose" où Bette MIDLER incarnait déjà la légendaire Janis, ce ne sont pas les projets qui ont manqué (Pink, Vanessa Hudgens). Pour ceux qui veulent actualiser leurs frissons bleus, Layla Zoe offre une excellente occasion de concilier un chant vintage grande époque avec un son nickel d’aujourd’hui.
© texte de JC LEGROS pour Abc Blues & Soul. Septembre 2009. | Je vous conseille de découvrir le répertoire intense de Layla ZOE, au travers de son album "The Firegirl", paru en 2009. Les 10 titres que contient cet album, devraient vous révéler dès leur première écoute, toute l’émotion que véhicule chacune des interprétations de Layla ZOE. Car, sur un son résolument moderne, sa voix transpose toute la beauté des tonalités originelles du Blues avec une énergie sans égale. Le Canada a trouvé avec Layla ZOE de quoi réchauffer ses longues nuits d’hiver ! Si votre budget vous permet une dépense plus importante, je vous suggère de poursuivre votre rencontre artistique avec l’album "Shades of Blue", qui paru en 2006, donne toute la mesure des capacités artistiques de Layla ZOE. Avec les 10 titres qu’il regroupe, et résolument Blues, "Shade of Blue" transmet en effet toute l’énergie des interprétations de Layla ZOE, avec une implication qui sent bon l’authenticité. Un seul risque, celui de retrouver les frissons que vous aviez à l’écoute des meilleurs Blues des sixties. Cette puissance artistique, souvent absente des réalisations musicales actuelles, est de retour avec Layla ZOE. (lien commercial ci-dessous) Extraits de la totalité des titres de "Shades of Blue" et de "Hoochie Coochie Man", ci-dessous. |