| En quelques lignes... | Albums Conseillés | Né le 9 septembre 1946 à Houston, Texas, Billy PRESTON de son vrai nom William Everett PRESTON passe sa petite enfance en Californie, avec sa mère Robbie PRESTON-WILLIAMS, pianiste et directrice de chorale très respectée dans le milieu du Gospel.
Lui-même pianiste à l’âge de 3 ans, Billy PRESTON devient organiste trois ans plus tard, et connait son premier succès pour son dixième anniversaire, grâce à la chanteuse de Gospel Mahalia JACKSON qui le découvre à la Victory Baptist Churh. En 1957 il joue déjà avec Nat King COLE et doit encore à Mahalia JACKSON d’être engagé à Hollywood en 1958, pour interpréter le rôle de W.C. HANDY jeune, dans le film St. Louis Blues. Captivé par cette première expérience de la scène, Billy PRESTON devient l’organiste de plusieurs artistes de Gospel, comme James CLEVELAND, le Révérend A.A. ALLEN et les Church of God in Christ Singers d’Andrae CROUCH, et enregistre son premier album de musique religieuse "Sixteen Years Old Soul".
| En 1962, Billy PRESTON bascule vers le R&B, suite à la tournée qu’il réalise aux côtés de Little RICHARD, à une époque où le rocker redonne à son répertoire des accents venus du Blues. Présents aussi sur cette tournée, les Beatles qu’il rencontre pour la première fois et Sam COOKE qui l’invite à participer dès leur retour aux Etats Unis à une séance d’enregistrements, durant laquelle sera gravé, "Little Red Rooster" pour l’album "Night Beat" en 1963. | Little Red Rooster |
The Most Exciting Organ Ever Billy’s Bag The Wildest Organ in Town Let’s Go Get Stoned / Ray CHARLES | Puis Billy PRESTON est engagé par Ray CHARLES, qui succombe à son jeu époustouflant à l’orgue, avant qu’il n’enregistre plusieurs albums instrumentaux sous son propre nom, dont "The Most Exciting Organ Ever" pour le label Vee Jay en 1966, qui devient son premier succès personnel grâce notamment au titre "Billy’s Bag". Billy PRESTON grave ensuite l’album "The Wildest Organ in Town", arrangé par Sylvester STEWART, le futur Sly STONE, avant d’accompagner de nouveau Ray CHARLES à l’orgue sur le titre "Let’s Go Get Stoned", et de partir en tournée avec ce dernier. Billy PRESTON remplace également à cette époque Leon RUSSEL dans l’émission de télévision Shinding. |
| Je vous conseille de découvrir les talents d’organiste, de pianiste et aussi de chanteur de Billy PRESTON, au travers de l’album "20th Century Masters - The Millennium Collection: The Best of Billy Preston", paru en 2002, sous le label A&M. Regroupant 11 titres enregistrés entre 1972 et 1979, cet album permet une première approche de l’ensemble des capacités artistiques de Billy PRESTON, grâce aux hits majeurs présents sur cette compilation. Si votre budget vous permet une dépense plus importante, je vous suggère de vous procurer l’album "Ultimate Collection", paru 2000 sous le label Hip-O Records. Car avec un total de 21 titres, cet album regroupe non seulement les titres présents sur la compilation de chez A&M conseillés précédemment, mais également quelques morceaux enregistrés sur une période plus large, comme "Get Back" gravé en 1968 et "I'm Never Gonna Say Goodbye" enregistré en 1982 pour l’album "Pressin' On". Avec donc 10 titres supplémentaires, "Ultimate Collection" survole une période plus importante de la carrière de Billy PRESTON, pour un prix pourtant sensiblement égal. (lien commercial ci-dessous) Extraits de la totalité des titres de "Urban Hang Suite" et de "Embrya", ci-dessous.
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I Want You (She’s So Heavy) The Beatles with Billy PRESTON : enregistrment de l'album Let It Be Get Back | En 1968, de retour en Angleterre, Billy PRESTON fait partie du Ray Charles Orchestra et retrouve sur sa route les Beatles. Le quatuor l’engage alors sur plusieurs enregistrements, comme pour "I Want You (She’s So Heavy)" extrait de l’album "Abbey Road", et sur "Get Back", que l’on retrouve sur le 45t "Get Back / Don’t Let Me Down" signé The Beatles with Billy Preston ainsi que sur l'album "Let It Be", et qui le fait devenir en quelque sorte, le cinquième Beatles. Après avoir conclu un contrat avec la marque Apple et sous la direction artistique de Georges HARRISON, Billy PRESTON qui bénéficie d’accompagnateurs de renom, comme Keith RICHARD des Rolling STONES et Eric CLAPTON, obtient en 1969 un best-seller en Angleterre avec le morceau "That’s the Way God Planned". | | C’est aussi en janvier de cette année, que Billy PRESTON accompagne les Beatles lors d’un concert improvisé sur les toits de l’immeuble des studios Apple, qui rapidement interrompu par les forces de l’ordre, est pourtant filmé et constituera la séquence finale du film Let It Be (1970). Plastic Ono Band / John LENNON God I Wrote a Simple Song | Il collabore alors en 1970 aux albums de George HARRISON ("All Things Must Pass") et John LENNON ("Plastic Ono Band", piano sur le titre "God"), puis en 1971, c’est au tour de l’Amérique de donner un hit à Billy PRESTON, avec le titre "My Sweet Lord", qui en profite pour revenir s’installer à Los Angeles et signer un contrat avec le label A&M. Il retrouve la même année Georges HARRISON sur la scène du Madison Square Garden de New York, le temps d’un concert au profit du Bangladesh. Commence alors pour Billy PRESTON la période la plus brillante de sa carrière, qui débute avec l’album "I Wrote a Simple Song" et qui contient son véritable premier hit d’envergure. | Accompagné par les guitaristes Davis T. WALKER et Georges HARRISON, et bénéficiant des arrangements de Quincy JONES, Billy PRESTON obtient en effet avec l’instrumental improvisé en studio "Outa-Space", présent sur cet album, la deuxième place du Hot 100 et prend la tête des classements Soul à l’été 1972. | Outa-Space |
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Parallèlement, de 1971 à 1977, Billy PRESTON est présent sur la plupart des albums des Rolling STONES, "Sticky Fingers", "Exile On Main Street", "Goats Head Soup", "It’s Only Rock’n Roll" et surtout "Black and Blue", puis part en tournée avec eux entre 1975 et 1976. Entre temps, après avoir interprété le titre "Slaughter" sur la bande originale du film Massacre, Billy PRESTON atteint une nouvelle fois la première place du Hot 100 américain, avec le titre "Will It Go Round In Circles" extrait de l’album "Music in My Life" fin 1972, et qui se classe aussi dans le Top 10 Soul. Les deux albums suivants parus sous le label A&M, "Everybody Likes Some Kind of Music" (1973) et "The Kids & Me" (1974), amplifient le succès que rencontre Billy PRESTON, avec un nouveau N°1 Soul instrumental, "Space Race", suivi de deux autres hits "You’re So Unique" et surtout "Nothing from Nothing", qui offre pour la deuxième fois à Billy PRESTON la première place des classements Pop. You Are So Beautiful | Enfin en 1975, la ballade "You Are So Beautiful", qu’il a composée, donne à Joe COOKER qui l’interprète alors, l’un des plus gros succès de sa carrière. |
| Slaughter (extrait) Everybody Likes Some Kind of Music Space Race (extrait) The Kids & Me Nothing from Nothing | Accaparé par son travail de musicien de studio, Billy PRESTON ne réalise pas que son public s’amenuise et que ses deux albums suivants, toujours publiés chez A&M, "It’s My Pleasure" en 1975 et "A Whole New Thing" en 1977, ne lui procurent aucun nouveau hit majeur. Monopolisé par les accompagnements qu’il réalise pour des artistes comme Aretha FRANKLIN, Sly & The Family Stone, King CURTIS, Carole KING, Peter FRAMPTON, Barbra STREISAND, Georges HARRISON, Ringo STARR, les Rolling Stones ou encore le groupe des Stairspets avec lesquels il joue sur "From Us to You" en 1976, Billy PRESTON n’a pas vraiment le temps de s’occuper de sa carrière personnelle. | Les années 70 se terminent pourtant en beauté pour Billy PRESTON, puisqu’après avoir interprété le rôle du Sergent Pepper dans le film Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band en 1978, le titre "With You I’m Born Again" qu’il interprète en duo avec la chanteuse Syreeta WRIGHT en 1979, se classe parmi les meilleures ventes et grimpe à la quatrième place du Hot 100. Billy PRESTON quitte alors A&M pour rejoindre la compagnie Myrrh en tant que chanteur de Gospel, et signe dans le même temps un contrat avec la Motown comme artiste de Soul. | Billy PRESTON est le Sergent Pepper dans le film Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band With You I’m Born Again (duo avec Syreeta WRIGHT) | Après une nouvelle collaboration avec les Rolling Stones (album "Tatto You" en 1981), son association avec la Motown se termine en 1982 avec la sortie du titre, "I’m Never Gonna Say Goodbye", avant que Billy PRESTON ne se consacre exclusivement au Gospel. Il s’autorise toutefois deux escapades Soul, la première en compagnie de Luther VANDROSS sur "Til My Baby Comes Home" en 1985 (album "The Night I Fell in Love"), et la seconde avec Al GREEN sur "You’ve Got a Friend" (album "Soul Survivor") en 1987. Alors que sa carrière d’artiste périclite, et qu’il se consacre uniquement à son travail de musicien de studio, Billy PRESTON est impliqué dans plusieurs affaires, de mœurs en 1991, puis de détention de cocaïne. Arrêté et condamné, il passe quelques temps en prison, avant d’être assigné à résidence, évènement qui stoppe ses activités musicales.
bande originale du film "To Die For" Music From My Heart | Après une cure de désintoxication, drogue et alcool, à laquelle il a du se soumettre, Billy PRESTON retrouve les chemins des studios, à Los Angeles, et enregistre ce qui deviendra son dernier album Soul, "Billy’s Back" en 1995. Puis son titre "Nothing From Nothing" fait partie de la bande originale du film To Die For de Gus Van SANT, avant qu'il collabore une dernière fois à un album des Rolling Stones ("Bridges to Babylon") en 1997, et participe au film Blues Brothers 2000 en 1998. Billy PRESTON sort ensuite en 2001 un album en collaboration avec le groupe Italien Novecente, "You and I", et publie son dernier album de Gospel "Music From My Heart". Profondément marqué par la disparition de son ami Georges HARRISON, décédé le 28 novembre 2001, Billy PRESTON joue pourtant fin 2002 sur un album de Johnny CASH, "American IV: The Man Comes Around" fin 2002, participe à l’album "Get Born" des Jet en 2003, puis part en tournée à travers toute l’Europe en 2004 en compagnie de Steve Winwood et The Funk Brothers. |
| Mais souffrant depuis plusieurs années d’une insuffisance rénale, Billy PRESTON découvre qu’il est atteint d’un cancer des reins et subit une opération en 2002. Après plusieurs complications post-opératoires, il tombe dans le coma en novembre 2005, après avoir participé pour la quatrième fois à un album d’Eric CLAPTON ("Reptile" et "One More Car, One More Rider" en 2001, "Me and Mr. Johnson" en 2004 et "Back Home" en 2005). Il décède le 6 juin 2006 à Scootsdale, en Arizona, la même année ou sort l’album "Stadium Arcadium" des Red Hot Chili Peppers, et sur lequel il joue (titre: "Warlocks"). | Stadium Arcadium Warlocks |
Billy PRESTON au temps de Billy's Bag Don't Let Me Down | Surdoué du piano et de l'orgue, talent qui a peut-être fait oublier quelque peu ses capacités vocales, Billy PRESTON aura entretenu tout au long de sa carrière une relation ambigüe avec le Rhythm & Blues et le Gospel. Celui que l’on surnommait à la fin des années 60, « le cinquième Beatles », pour sa participation à l’album "Let It Be", et qui a eu les honneurs dans les années 70 d’un hommage signé Miles DAVIS (titre "Billy Preston", édité en 2007 sur l’album "The Complete on the Corner Sessions"), laisse quelques traces auditives de son passage de toute beauté. Avec bien sûr ses hits légendaires, "Outa Space", "Will It Go Round In Circles", "Space Race" et "Nothing from Nothing", mais également sur des titres comme "Don't Let Me Down" et aussi filmées avec notamment son rôle du Sergent Pepper. |
The Road Escondido | Sorti peu de temps après sa mort, l’album "The Road Escondido" de J.J. CALE & Eric CLAPTON permet de savourer une fois encore le jeu de Billy PRESTON, alors qu’en 2009, la bande originale du film "Inglourious Basterds" reprenait son titre "Slaughter". | Inglourious Basterds |
© texte NPO pour Abc Blues & Soul. Mai 2010 |