Un jour de décembre 1933 est né à Chicago un garçon qui allait devenir le légendaire Lou RAWLS, l’une des figures les plus médiatiques de la Soul, à la voix reconnaissable entre toutes.
Depuis ses premiers pas en Gospel en passant par sa collaboration avec Sam COOKE, le Hollywood Bowl de 1959 , la première partie des Beatles en 1966 à Cincinnati, ses monologues des années 70, le mélange des genres de sa musique, il y a une constante dans la carrière de Lou RAWLS: une voix, alliée à une maîtrise vocale et un sens du spectacle développés par sa carrière de comédien au cinéma et d’animateur à la télévision, une voix qu’un critique a déclarée: «suave comme une friandise, douce comme le velours, solide comme l’acier, lisse comme le beurre».
Ses 52 années de discographie sont marquées par une extraordinaire production de plus de 60 albums, 3 Grammy Awards: "Dead End Street" en 1967, "A Natural Man" en 1971 et Unmistakably Lou" en 1977, 13 nominations aux Grammy Awards, 1 disque de platine, 5 disques d’or, 1 single d’or et… une étoile sur le Hollywood Hall of Fame.
«J’ai joué dans tous les registres, du Gospel au Blues, au Jazz, à la Soul, à la Pop musique, et le public a suivi à chaque fois. Je pense que cela signifie que j’ai fait quelque chose de bon au bon moment».
Elevé par sa grand-mère dans le South Side de Chicago, il est nostalgique de son enfance pauvre mais heureuse qu’il ne manque jamais d’évoquer pour son public. Dès l’âge de 7 ans il a appartenu au chœur de la Baptist Church, il commence tout naturellement sa carrière comme chanteur Gospel, tentant l’aventure d’un groupe local avec son copain d’école, Sam COOKE.
En 1953, parti à Los Angeles à la mort de sa grand-mère, il y vit ses premières années de métier au sein des Chosen Gospel Singers, puis des Pilgrim Travelers avant d’effectuer son service militaire au milieu de la décennie.
A son retour, il réintègre sa formation et repart en tournée mais est victime d’un grave accident automobile, qui a failli mettre fin à sa carrière et à sa vie.
Après un an de récupération, il prend ses distances avec le Gospel et avec son groupe et c’est seul qu’il enchaîne les tournées dans les clubs et les cafés de Los Angeles. Remarqué par Nick Venet de chez Capitol, il signe son premier contrat solo en 1962.
Entre 1962 et 1966, il enregistre 6 albums jazz chez Capitol, et il faut attendre 1966 pour qu’il rencontre un succès spectaculaire avec son "Live" enregistré en concert et qui devient disque d’or avec 500.000 exemplaires vendus.
1966 marque aussi un tournant dans sa carrière puisqu’il se décide à chanter de la Soul et sort l’album "Soulin", sur lequel figure son premier tube "Love is a Hurting Thing" et qui marque le début de sa carrière grand public. A cette période Lou commence sur scène ses monologues sur la vie et l’amour.
Les succès vont s’enchaîner avec un premier Grammy Awards en 1967 pour "Dead End Street", et un second en 1971 pour "A Natural Man".
Au début des années 70 il se trouve à un carrefour de sa carrière et il faut attendre l’année 1976, et son arrivée chez Philadelphia International Recording , pour qu’arrive le plus grand succès de sa carrière , le tube "You’ll never Find Another Love Like Mine", tiré de l’album "All Things in Time", 1 million d’albums vendus, 2ème place au Top 100: Lou entre dans une nouvelle phase de son existence de chanteur qui se poursuit avec le recueil "Unmistakably Lou", que vient couronner 1 disque d’or et 1 Grammy Awards, son 3ème.
Parallèlement, depuis le début des années 70, il trouve également la consécration à la télévision où il anime sa propre émission et sur les plateaux de cinéma, et devient l’une des figures les plus médiatiques de la Soul, notoriété qu’il met au service d’actions humanitaires.
Cependant, il assure la continuité de ses activités en studio à Philadelphie et New York où son association avec Blue Note lui permet de retrouver un répertoire à mi-chemin entre Blues et Jazz tandis que l’enregistrement de "I’m blessed" en 2001 le voit retourner aux sources du Gospel.
Poussé par l’amour de ses fans, il continue de voyager abondamment de clubs en festivals de Jazz, jusqu’à un mois avant sa mort, le 6 janvier 2006.
De nombreuses distinctions ont jalonné sa carrière au fil de ses succès, mais c’est l’amour de sa famille qui le comblait le plus.
© texte C.S.P pour Abc Blues & Soul. Gagnante 1er Prix du concours "Deuxième anniversaire du site". Décembre 2008. Contactez C.S.P par la messagerie du site.