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Taj MAHAL, né Henry Saint Clair Fredericks le 17 mai 1942 à New York, dans le quartier de Harlem.
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Extraits

Statesboro Blues

Corrina

Going up to the Country,Paint My Mailbox Blue

illustration J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul Agrandir l'image.

Son grand-père était esclave aux Antilles Néerlandaises. Affranchi, il prend un nom batave : Fredericks. Son père, Henry, arrangeur et pianiste de jazz caribéen a travaillé avec Benny Goodman et Ella Fitzgerald. Sa mère, Mildred Shields, a grandi en Caroline du Sud où elle enseignait et chantait le gospel. Ils vivent à New York et c’est dans Harlem, au milieu d’une collection de disques et du va et vient continu d’amis musiciens cosmopolites que naît Henry St.Clair Fredericks, le 17 mai 1942.

Les enfants Fredericks – neuf en tout - sont très vite encouragés à apprendre un instrument. Mais le jeune Henry ne résiste pas plus de deux semaines à un début d’enseignement du piano classique. Il apprécie le
jazz (Charlie Mingus, Thelonious Monk, Milt Jackson) et a commencé d’entendre les musiques du monde entier sur les ondes courtes de la radio familiale. S’il continue le piano - auquel il ajoute progressivement la clarinette, le trombone et l’harmonica - il change radicalement de répertoire.

Albums Conseillés

Je vous conseille de découvrir le patchwork musical aux tonalités bluesy de Taj MAHAL, au travers de l’album "The Best of Taj Mahal", paru en 2000 sous le label Columbia/Legacy. Regroupant 17 titres enregistrés entre 1967 et 1974, cet album dont les morceaux ont été remasterisés pour l’occasion, vous permettra pour un budget vraiment serré de réaliser tout de même un premier contact judicieux avec l’œuvre du « Maestro ». Pour une première approche, l’album "The Best of Private Years", paru en 2000 chez Private Music, peut également parfaitement convenir. Car les 13 titres qu’il contient, vous donneront eux aussi la possibilité d’apprécier tout le style de Taj MAHAL.

Si votre budget vous permet une dépense plus importante, je vous suggère de vous procurer l’album "The Essential Taj Mahal", paru en 2005 chez Sony Music Distribution. En effet, cet album offre au regard des 36 titres qu’il regroupe, de survoler une période plus importante de la carrière discographique de Taj MAHAL, en l’occurrence de 1967 à 1999, et d’appréhender un plus large éventail des différents facettes musicales qui constituent son répertoire. Une approche vraiment plus détaillée et complète du world blues que chante Taj MAHAL avec sa voix superbe imprégnée de Soul.

Enfin pour les passionnés, le coffret 3 Cd "In Progress & In Motion : 1965-1998", représente l’investissement idéal et incontournable, pour réellement découvrir l’œuvre artistique de Taj MAHAL. Regroupant 54 titres enregistrés entre septembre 1965 et octobre 1998, ce coffret paru sous le label Columbia/Legacy en 1998, est tout simplement magnifique. Un vrai regard sur le travail artistique de Taj MAHAL.

Pour terminer en beauté, si vous n’avez jamais eu l’opportunité de voir ou juste d’entendre Taj MAHAL en concert, alors l’album "An Evening of Accoustic Music" est là pour vous permettre de rectifier l’injustice dont vous êtes victime. Cet album enregistré lors d’un concert en Allemagne, retranscrit l’une des performances live sublimes du « Maestro », au travers l’interprétation qu’il fait ici de 15 grands classiques de son répertoire. Les titres « Satisfied An Ticked Too » et Candy Man » prennent non seulement une autre dimension en live, mais semblent également élever le talent de Taj MAHAL, hors de nos critères terrestres. Attention toutefois à ne pas attacher trop d’importance à la présence surprenante de tuba dans l’orchestration de certains morceaux, car cela risquerait de vous priver de la richesse globale de ce disque.

Pour écouter l'album ou l'acheter cliquer sur le lien.

Extraits de la totalité des titres de "The Best of Taj Mahal", ci-dessous.

Album conseillé:
"The Best of Taj Mahal [Sony Remaster]"
Titres enregistrés entre 1967 et 1974
Publié en 2000, sous le label Columbia/Legacy (17 titres)
et/ou
Album conseillé:
"Best of the Private Years"
Publié le 18 avril 2000, sous le Label Private Music (13 titres)
et/ou
Album conseillé:
"The Essential Taj Mahal"
Titres enregistrés entre le 17 août 1967 et avril 1999
Publié le 16 août 2005, sous le label Sony Music Distribution
(36 titres)
ou
Album conseillé:
coffret 3Cd "In Progress & in Motion: 1965-1998"
Titres enregistrés entre le 9 septembre 1965 et 28 octobre 1999
Publié le 13 octobre 1998, sous le Label Columbia/Legacy
(54 titres)
et
Album conseillé:
"An Evening of Acoustic Music"
Publié le 29 octobre 1996, sous le label Ruf
(15 titres)

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ou retrouver toutes les oeuvres de J.C. LEGROS dans:

Galerie Blues & Soul

La famille part s’installer à Springfield (Massachusetts) pour un retour à la terre. Henry aime cette vie rurale mais son père meurt accidentellement, devant ses yeux, lorsque le tracteur qu’il conduit se renverse. Il n’a que 11 ans.

Quand sa mère se remarie, il approche pour la première fois une guitare - celle de son beau-père jamaïcain - et commence à apprendre à en jouer. C’est avec Lynwood Perry, un garçon à peine plus âgé – et incidemment un neveu d’Arthur "Big Boy" Crudup – qui a emménagé dans l’appartement voisin, en provenance de Caroline du Nord, qu’il découvre le blues du Piemont et son fingerpicking léger. Un style alors complètement désuet.

Perry l’initie aussi au blues du moment (Muddy Waters, John Lee Hooker et Jimmy Reed) et le jeune Henry élargit ses goûts : Leadbelly, Chuck Berry, Bo Diddley. Chez lui, il écoute toujours du jazz - Ben Webster et Illinois Jacquet - et au collège il aguerrit sa voix dans un groupe de doo-wop. L’horizon est déjà large.

On est à la fin des années 50. Même s’il travaille son jeu de guitare, Henry Frederiks hésite encore sur sa véritable vocation. La vie agricole l’attire. A 16 ans, une première expérience dans une exploitation le conforte dans ce sens. Le voilà qui passe le plus clair de son temps à nourrir et traire des vaches. Il n’abandonne pas pour autant la musique et joue, le plus souvent à l’occasion de concerts de soutien au monde agricole local. Une nuit, un rêve lui inspire un nom de scène : Taj Mahal.

En même temps qu’il s’engage dans des études universitaires d’agronomie à Amherst (Massachusetts) Taj Mahal monte un groupe de rhythm & blues, Taj Mahal & The Elektras, qui anime avec succès les soirées étudiantes. Il chante, accompagné par Ray Souza et Charles « Chucky » Reed aux saxophones, Marcel Krudele à la guitare, Steve Bonds aux claviers, Jack Moran à la basse et Don Littlefield à la batterie.

The Elektras

On est au début des années soixante et le country blues refait surface. Le destin de l’apprenti fermier va en être bouleversé et Henry Frederiks devenir définitivement Taj Mahal. Le déclic a lieu à l’écoute d’un blues de Reverend Gary Davis qui le bouleverse. Et sa décision est prise lorsqu’il découvre sur la scène du Festival Folk de Newport tous ces anciens bluesmen qui ressuscitent les vibrations acoustiques oubliées.

Jesse Lee Kincaid and Taj Mahal (1964) photo d'Eric von Schmidt & Jim Rooney

Jusqu’à la fin de ses études, et désormais en duo avec Jessie Lee Kincaid, on entend son folk blues dans les coffee houses et les soirées universitaires autour de Boston.

En 1964, les deux rejoignent Los Angeles. Taj Mahal fréquente les clubs de jazz de Santa Monica, jamme au Ash Grove avec les musiciens à l’affiche. Il rencontre Ry Cooder qui l’introduit auprès de la scène folk blues californienne. C’est avec lui et Jesse Lee Kinkaid qu’il forme l’un des premiers groupes interraciaux de l’époque, The Rising Sons.

Leur répertoire relève d’une sorte de country folk rock qui fera un peu plus tard le succès de groupes comme Grateful Dead, Moby Grape ou Buffalo Springfield. Ils ouvrent, au Whisky A Go Go et au Trip, pour Otis Redding, les Temptations, Martha & The Vandellas. Taj joue aussi, à l’occasion, avec quelques géants du blues qui passent par là : Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Lightnin’ Hopkins, Buddy Guy, Junior Wells, …

Columbia propose un contrat aux Rising Sons dont il ne sort finalement qu’un single "Candy Man"/"The Devil's Got My Woman". La compagnie ne sait pas trop quoi faire de cette musique inclassable (ce n’est qu’en 1992 que Legacy Records éditera un album, « The Rising Sons Featuring Taj Mahal & Ry Cooder » regroupant le matériel de cette époque). Déçu, le groupe se sépare en 1966 et Taj Mahal reste seul sous contrat. L’année suivante il entre en studio pour son premier album solo.

Candy Man

The Devil's Got My Woman

Taj Mahal

The Natch’l Blues

Entre 1967 et 1969, trois LP’s vont établir sa réputation en tant qu’artiste totalement singulier. D’abord "Taj Mahal" sur lequel Ry Cooder vient poser sa slide et le guitariste Jessie « Ed » Davis dévoiler sa grande classe. Puis "The Natch’l Blues", en 1968, déjà un sommet de sa carrière, toutes périodes confondues.

Enfin le double album "Giant Steps / De Old Folks At Home", moitié électrique, moitié rural.

Giant Steps / De Old Folks At Home

Le style se démarque totalement des courants à la mode tout en empruntant quelques uns de leurs ingrédients. Des titres tantôt dépouillés tantôt foisonnants, captés avec un réalisme saisissant, mêlant plages acoustiques et poussées électriques bien senties, combinant des hommages aux maîtres passés – Blind Willie McTell, Robert Johnson,..– et des compositions personnelles inspirées, le tout brandi avec enthousiasme et naturel dans des ambiances orchestrales décalées. Contre toute attente, la formule fait mouche.

Signe de sa révélation, Taj Mahal apparaît dans le long métrage "The Rolling Stones Rock And Roll Circus" (sur une version exceptionnelle de "Ain't That a Lot of Love").

Et preuve d’authenticité, l’année suivante, il s’expatrie jusqu’en Espagne pour approfondir ses recherches sur l’histoire de la guitare.

le Dvd: "The Rolling Stones Rock And Roll Circus"

Ain't That a Lot of Love

Happy To Be Just Like I Am

The Real Thing

Au cours de la décennie 70, Taj Mahal enregistre une série d’albums de plus en plus aventureux.

Il intègre des éléments en provenance des Indes, des Caraïbes ("Happy To Be Just Like I Am" -1971), emprunte au jazz ("The Real Thing" - 1971) et au reggae ("Mo’Roots" -1974), avançant progressivement sur la voie d’une world music coutumière.

Mo’Roots

Mais le musicien n’est encore qu’au début de sa quête. L’initiation sera longue avant de réussir l’alchimie complète des substances musicales glanées au fil d’une patiente exploration de la diaspora africaine. Il mettra plus de vingt ans pour y parvenir tout à fait, entre tâtonnements chatoyants et percées lumineuses.

Pour l’heure Taj Mahal organise des mariages. Une rythmique hard boogie derrière un exposé de fifre solo ("Oh Susanna"), les bas octaves d’un tuba mêlés à ceux d’une basse électrique ("Happy Just To Be What I Am"), et un peu partout des percussions africaines qui croisent des cloches à vaches.

Oh Susanna

Happy Just To Be What I Am

Deux en un:

Oooh So Good’n’Blues -Recycling the Blues and Other Related Stuff

(2 liens différents)

En 1972, le titre de son nouvel album, "Recycling the Blues and Other Related Stuff" (blues recyclés et autres trucs en rapport) parle de lui-même. Une face studio, avec des Pointers Sisters gospelisantes, et une face live qui résument l’état de l’art du bluesman.

Recycling the Blues and Other Related Stuff

L’année suivante Mahal enregistre "Oooh So Good’n’Blues", un album moins explorateur, mais pas moins réjouissant, suivi par la bande son du film "Sounder", histoire d’une famille de métayers dans la Louisiane des années 30, qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards.

C’est à cette époque qu’il découvre une première fois la kora, instrument séculaire des griots ouest africains. De son côté, Eric Bibb lui fait entendre des albums de Batrou Sekou Kouyate et de Sidike Diabate. Le moment d’aborder l’Afrique se profile. Un défi impressionnant pour un artiste aussi attentif à son histoire.

Tiraillé entre ses multiples racines, partagé entre l’empressement de les adopter et le besoin de maturation qu’impose la maîtrise de cultures musicales aussi fortes, Taj Mahal s’engage dans une période d’assimilation, riche mais parfois brouillonne. Les influences se bousculent, Mahal tâtonne, hésite, se cherche au milieu de toutes ces directions.

Kora gambienne

Music Keeps Me Together

En 1975, le titre de son nouvel album, "Music Keeps Me Together" est révélateur de la question identitaire qui se pose alors au musicien. Il a poussé si loin ses incidentes que son blues originel se trouve maintenant repoussé, presque effacé, par les apports multiples que sa musique a absorbés.

L’année suivante, son mariage avec Inshirah Geter (ils auront six enfants : Aya, Taj, Gahmelah, Ahmen, Deva, Nani) et son départ de Columbia pour Warner Bros, après dix ans de collaboration, marquent chacun à leur façon le passage à une nouvelle phase. Elle sera transitoire. Tout comme "Satisfied Tickled Too", sorti cette même année et qui combine une nouvelle fois rhythm & blues, funk léger, reggae, jazz et salsa, mais sans retrouver la fraîcheur des premiers échantillonnages. Mahal aurait-il perdu un peu de lui-même à force de s’ouvrir aux autres ?

Satisfied Tickled Too

Evolution (The Most Recent)

Music Fuh Ya' (Music Para Tu)

La question reste posée avec les deux albums suivants, "Evolution (The Most Recent)" (1977) puis "Music Fuh Ya' (Music Para Tu)" (1978) qui assoient la prédominance caribéenne et sacrifient au son un peu racoleur que les studios à la mode de Miami sont en train de répandre sur la musique pop-rock.

Mais Taj Mahal n’en perd pas pour autant ses engagements et compose en parallèle pour le film "Brothers" qui évoque la vie des activistes de la cause noire, George Jackson et Angela Davis.

Pendant que sa musique semble tourner un peu en rond dans les eaux du Pacifique, sur terre, la mode est au métal et au disco.

Du coup, en 1981, Warner ne prolonge pas son contrat. Mahal part alors s’installer à Kauai (Hawaii) où il forme The Hula Blues Band. Au départ c’est plutôt un projet entre amis, histoire d’animer les parties de pêche. Mais voilà le groupe bientôt repéré et enrôlé de plus en plus régulièrement pour des tournées loin des plages ensoleillées.

The Hula Blues Band

Shake Sugaree

Shakin’ A Tailfeather

Il faut attendre 1987, avec un enregistrement en direct-to-disc ("Live in Direct"), et surtout l’année suivante, pour retrouver Taj Mahal en studio. "Shake Sugaree" (1988) est un disque destiné aux enfants, pour leur raconter la musique de leur temps et peut-être aussi pour reprendre le fil de la sienne. L’album parcourt les terres chères au musicien : Caraïbes, Afrique et Deep South américain. Le projet éducatif continuera, en 1989 avec "Peace Is the World Smiling", des chansons dédiées à la paix dans le monde, puis en 1997, avec "Shakin’ A Tailfeather" où il évoque, en compagnie d’Eric Bibb, les hits pop rock des années 50.

Sur scène, Mahal entretient toujours l’enthousiasme qui irradie ses shows. On en trouve la trace sur "Big blues : live at Ronnie Scott" enregistré en 1988 et qui sera édité trois ans plus tard.

Puis il intègre Gramavision, pour lequel il enregistre deux albums en 1991 : "Taj" et "Mule Bone", la musique d’un spectacle de Broadway, qui lui vaut une nomination aux Grammy Awards. La même année, il enregistre chez Private Music une nouvelle mouture de quelques uns de ses assortiments préférés, "Like Never Before".

Taj

Mule Bone

De nouveau en vue, Taj Mahal enchaîne avec une nouvelle musique de film ("Zebrahead", 1992), une collaboration avec Cedella Marley-Booker, la mère de Bob Marley, et ajoute sa voix aux trois instrumentaux de l’album inédit des Rising Sons qui s’apprête à sortir enfin, près de vingt cinq ans plus tard.

Dancin’ The Blues" (Private Music)

A partir de 1993, avec "Dancin’ The Blues" (Private Music), Taj Mahal redonne leur place aux douze mesures de son blues initial. Des hommages - Muddy Waters et Howlin’ Wolf dont Taj Mahal restitue de façon saisissante le style vocal - et Etta James comme invitée. Une nouvelle étape avant d’aborder les derniers niveaux de son parcours initiatique.
Taj Mahal, fort de toutes ces années d’assimilation, peut désormais tenter les délicates fusions qui le taraudent. Les premiers pas ont lieu avec des musiciens classiques indiens (Chitravina N. Ravikiran et Vishwa Mohan Bhatt) sur "Mumtaz Mahal" (1995), pour un rapprochement osé avec des standards blues. On frôle parfois le cliché, mais le résultat force le respect et se coule naturellement dans la tentaculaire palette concoctée par Taj Mahal depuis le début de sa carrière.

Mumtaz Mahal

Phantom Blues

C’est ensuite "Phantom Blues" (Private Music, 1996), sur lequel apparaissent Eric Clapton et Bonnie Raitt. S’il ne dévoile pas de dimension vraiment nouvelle, l’album comporte un signe qui ne trompe pas : Taj Mahal a ressorti sa Dobro.
A l ‘approche de la fin du siècle, Taj Mahal entame la récolte que son immense travail méritait. "Senor Blues" (Private Music, 1997) s’impose comme l’un de ses meilleurs albums et se voit récompensé par un premier Grammy Award. On y retrouve la fraîcheur et la spontanéité des débuts, dans une nouvelle mouture, un peu plus concentrée en accents downhome, qui confirme que le bluesman ne s’est en rien perdu au cours de ses longues explorations.

Senor Blues

Shouting in Key

The Phantom Blues Band

Ses concerts déballent tout ce joyeux capharnaüm où se mêlent à nouveau honky tonk louisianais, Memphis soul, chaloupe reggae, polyrythmes africains, folk ancien et jazz métissé.

"Shouting in Key" enregistré au Mint de Los Angeles en novembre 1998 (édité en 2001) avec le Phantom Blues Band (Mick Weaver,- claviers, Denny Freeman – guitare, Larry Fulcher – basse, Tony Braunagel – batterie) en restitue la chaleur communicative et reçoit à son tour un Grammy Award du meilleur album de blues contemporain de l’année.

Taj Mahal promène aussi son profil de bon pirate sur les écrans et signe quelques nouvelles bandes son ("Rosewood" en 1997, "Outside Ozana", "Scrapple" l’année suivante, puis "Songcatcher", "Blues Brothers 2000", "Divine Secret").

Ces réussites arrivent à point pour procurer à Mahal la possibilité de se lancer dans l’étape ultime.
Cela commence en 1998 lorsqu’il enregistre, enfin, « son » album de musique hawaïenne. "Sacred Island" rassemble une brochette d’ukulélés autochtones - Pat Cockett (liliu ukulélé), Michael Barretto (ukulélé baryton), Wayne Jacintho et Carlos Andrade (ukulélé ténor), Fred Lunt (guitare hawaiienne) – venue soutenir le Hula Blues Band cher à son cœur (Rudy Costa – saxophones, Pancho Graham – basse, Kester Smith - batterie) pour une fascinante rencontre entre le blues et la musique des îles.

Sacred Island

Kulanjan

Il signe ensuite chez Hannibal Records pour réaliser la jonction tant attendue. Celle de sa guitare avec la kora, l’emblématique harpe-luth africaine à 21 cordes, du maître malien Toumani Diabate. L’évènement a lieu au sein d’un sextet à cordes d’Afrique occidental. Et cette fois la magie opère à plein. La fusion des deux cultures fait émerger un blues ancestral d’une profondeur étonnement authentique ("Kulanjan", 1999).

harpe-luth à 21 cordes

La boucle est bouclée. Le « Maestro » Taj Mahal peut désormais naviguer à sa guise au milieu de tous ses brassages musicaux. Enregistré en 2000, "Hanapepe Dream" (Tone Cool Records, 2003) témoigne du but atteint. Un endroit original que personne n’avait imaginé avant lui et où il réunit enfin toutes les terres dont est fait son blues.

Hanapepe Dream

Mkutano

C’est logiquement que le temps de la reconnaissance arrive alors. En 2002, Taj Mahal reçoit le United States Congressional Recognition Award pour une vie de contribution à l’histoire de la musique du monde. En 2005, on l’entend avec des musiciens de Zanzibar (« Mkutano » sur Tradition & Moderne) et l’année suivante il est déclaré « musicien de blues officiel » de la ville de Springfield qui l’a vu grandir, avant de recevoir le titre de Docteur Honoraire en Arts de l’Université du Massachusetts.
Pas question pour autant de se reposer pour un Taj Mahal qui tourne dans huit pays d’Europe pendant l’été 2007. Fin 2008, il signe chez Heads Up International pour l’album de ses quarante années de carrière, "Maestro : Celebrating 40 years", en compagnie de Ben Harper, Jack Johnson, Ziggy Marley, Los Lobos, et quelques autres parmi lesquels beaucoup ont suivi le chemin qu’il a tracé durant toutes ces années.

Maestro

le MySpace du label

Entre temps, et pour que la trace perdure, Taj Mahal a monté son propre label, Kandu Records, afin de faire profiter d’autres musiciens de cette liberté de création dont lui même a pu tirer parti au sein de labels indépendants.
En mai 2009, le diplômé en ethnomusicologie pour les traditions musicales noires en milieu rural est introduit au Blues Hall Of Fame, un lieu qui ne pouvait se passer de cet artiste unique, ce jeune sexagénaire qui a osé franchir tant de frontières pour replacer le blues au milieu des chants du monde.

© texte J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul. Janvier 2010.

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Extraits

The Best of Taj Mahal (17/17)

1. Statesboro Blues

2. Leaving Trunk

3. Corinna

4. Going Up To The Country, Paint My Mailbox Blue

5. She Caught The Katy And Left Me A Mule To Ride

6. Take A Giant Step

7. Six Days On The Road

8. Farther On Down The Road

9. Fishin' Blues

10. Ain't Gwine To Whistle Dixie (Any Mo') (Live)

11. You're Going To Need Somebody On Your Bond (Live)

12. Cakewalk Into Town

13. Oh Susanna

14. Frankie And Albert

15. Chevrolet

16. Johnny Too Bad

17. Sweet Mama Janisse

(previously unissued studio version)

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