Entre 1954 et 1957, il intègre le groupe de son frère Olie, le Olie Lee Allison Band, qui se produit régulièrement au 708 Club de Chicago. Un an après, Luther ALLISON rejoint le groupe de son autre frère Grant, The Rolling Stones, rebaptisé plus tard The Four Jivers.
Grâce aux nombreux musiciens de la scène West Side Blues qu’il côtoie, Luther ALLISON réussit à jouer aux côtés de Jimmy DAWKINS et participe même à certains de ses enregistrements pour le label Delmark en 1959. Il accompagne également Freddie KING entre 1958 et 1963, Magic Sam dès 1963, puis le groupe de Soul, The Tornados. En 1967, Luther ALLISON est repéré par le producteur Bob KOESTER qui lui permet d’enregistrer quelques titres pour l’anthologie "Sweet Home Chicago" de chez Delmark. Jusqu’en 1970, il participe également en Californie aux séances studio de Shakey JAKE, de Sunnyland Slim et de Johnny SHINES avant de revenir à Chicago pour se produire dans plusieurs clubs de la ville.
En 1970, la participation de Luther ALLISON au festival d’Ann ARBOR, Michigan, va déclencher le démarrage de sa carrière artistique. Alors que Muddy WATERS, Bobby Blue Band, Otis RUSH et Lightnin’ Slim sont présents sur ce festival, Luther ALLISON parvient à faire jeu égal sur scène avec eux, devant un public subjugué par son talent. Il profite alors de cette notoriété pour former son propre groupe, qui va se produire régulièrement dans les universités et les clubs de la région. Il se produira parallèlement plusieurs fois au festival d’Ann ARBOR, en 1972, 1973 et 1974.
Durant cette époque, en 1969, Luther ALLISON enregistre son premier album pour le label Delmark, "Love Me Mama", qui obtient la reconnaissance de la profession. Un an plus tard, il enchaîne avec l’album "Bad News Is Coming", publié cette fois sous le label Motown. Puis en 1974, Luther ALLISON signe l’album "Luther’s Blues", toujours pour la Motown, qui devient le véritable premier chefs-d’œuvre de sa carrière. Les titres enregistrés sont "Someday Pretty Baby", "Easy Baby", "Part Time Love", "Now You Got It", "K.T.", "Let’s Have a Little Walk", "Driving’ Wheel", "Into My Life" et "Luther’s Blues", et expriment parfaitement le jeu à la guitare et le chant tout en finesse de Luther ALLISON. Cet album concrétise également son pari réussi: faire tomber les barrières entre le Blues et le Rock. Luther ALLISON prouve par la même occasion, que le Blues n’est pas seulement un moyen d’expression de la communauté noire, mais bel et bien une musique universelle.
Mais malgré la qualité et la beauté de ses enregistrements, le public américain dans sa plus grande majorité délaisse le Blues, même avec les apports de la Soul, du Gospel et la sophistication que Luther ALLISON exploite dans son répertoire. Convaincu que les Etats Unis ne sont plus la terre du Blues, Luther ALLISON s’expatrie en Europe, plus exactement en France, en 1980.
Persuadé que son Blues mâtiné de Rock peut séduire le public Européen, Luther ALLISON se produit régulièrement sur les scènes du vieux continent et devient conseiller technique de la revue Guitarist. Il réalise alors de nombreux albums, alternant des reprises de standards du Blues qu’il revisite superbement, avec ses propres compositions. Durant cette période, des titres comme "Dust My Broom", "Sweet Home Chicago", "Chicago", "Rich Man", "Love Is Free", "Cold As Ice", "Freedom", "Fight", "Mistake Get Down" ou "Cry (Crying For Peace)", révèlent une fois de plus toute la subtilité, la finesse et la beauté du style de Luther ALLISON. En 1986, il fait une apparition remarquée au Festival de Vienne.
Après une incursion vers le Rock, avec son album "Life Is A Bitch" paru en 1983 et qui lui vaut la disgrâce des bluesmen, Luther ALLISON revient au Blues durant les années 90, avec les albums "Blue Streak" et "Reckless". Mais à quelques jours seulement de son cinquante huitième anniversaire, atteint d’un cancer des poumons, Luther ALLISON s’éteint à Madison le 12 août 1997.
Luther ALLISON, un artiste INDISPENSABLE pour démarrer une relation sérieuse avec le
Blues.