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Basses Blues:
définitions de: basses monotones / basses alternées / basses roulantes / basses marchantes (walking basses) / basses boogies.
Le jeu sur les cordes basses - celles d’une guitare acoustique pour le Blues rural, d’une contrebasse pour celui de Chicago, d’une basse électrique pour le blues moderne – est un des constituants de l’identité du Blues.
Les bluesmen ont commencé très tôt à différencier sur leur guitare le rôle des cordes au son le plus grave - les trois supérieures - jouées avec le pouce (avec la pulpe pour obtenir un son plus rond) de celui des cordes au son le plus aigu
- les trois inférieures - jouées en contrechamp avec un ou plusieurs doigts.
Ainsi les basses marquent le rythme pendant que les aigus, joués « par dessus », fournissent des lignes mélodiques (une corde) ou harmoniques (plusieurs cordes). Cette technique permet de densifier le soutien instrumental de la voix en jouant deux instruments (basse et guitare) sur un seul.

Dans le blues acoustique d’avant-guerre trois techniques de jeu des basses se sont imposées au fil du temps et selon les régions : les basses monotones, les basses alternées, les basses roulantes. D’autres noms et d’autres classifications peuvent être utilisés mais les fondamentaux Blues sont bien illustrés par cette distinction. Des variantes existent pour les basses monotones (basses drones) et les basses roulantes (basses marchantes – les walking basses – et basses boogie).

- illustration vidéo pour "basses monotones" -

Les basses monotones:

Elles signent le Blues originel du Delta. C’est la technique la plus rudimentaire, consistant à jouer une seule note basse, sur chaque temps de la mesure, avec une durée toujours identique (des noires). On obtient un effet de bourdon caractéristique des blues des deux premières générations (Charley Patton, Son House, Willie Brown, ..). Ce jeu détermine en grande partie le caractère dramatique du Blues du Mississippi.

Lorsque la guitare est accordée en open tuning (les cordes à vide jouent l’accord majeur dans la tonalité donnée), cette technique peut prendre le nom de « drone » du fait que la note de la sixième corde frappée à vide est l’unique note basse, répétée chaque temps de la mesure tout au long du morceau.

- illustration vidéo pour "basses monotones" -

illustration basses monotones avec: Big Bill Broonzy "Hey Hey"

illustration basses drones avec:

Fred McDowell "Will Me Your Gold Watch And Chain"

Les basses alternées:

Typique du jeu en finger-picking de la côte Est, le jeu en basses alternées consiste à marquer un temps sur deux en alternant deux notes de l’accord jouées sur deux des trois cordes basses. Cette technique, qui suggère un effet de pompe, donne au blues de cette région un caractère sautillant, très lié au piano ragtime dont il s’inspire et qui fut, avant même le jazz, la forme de musique afro-américaine la plus répandue dans ces régions. Le jeu en finger-picking peut atteindre une grande sophistication illustrée par Blind Blake par exemple tandis que Blind Boy Fuller produit un jeu moins élaboré mais qui met parfaitement en valeur le jeu des basses. Mississippi John Hurt a, quant à lui, mis au point une style encore plus simple, à deux doigts (pouce et index), mais d’une très grande efficacité et qui donne à son jeu une modernité évidente.

- illustration vidéo pour "basses alternées" -

illustration basses alternées avec: Blind Blake

"Blind Arthur's Breakdown"

Les basses roulantes (walking basses):

Ce sont essentiellement les « basses marchantes » (walking basses). Elles consistent à suivre exactement la progression des accords,, selon une pulsation régulière du même type que les basses monotones mais avec un accent sur les 2ème et 4ème temps de la mesure et surtout une ligne mélodique plus ou moins développée. La partie basse suit une progression montante et descendante, donnant l’impression qu’elle se « promène » en longeant la progression des accords et cela tout en assurant clairement le rôle de soutien rythmique.

Cette technique peut prendre des formes très sophistiquées avec un jeu de pouce complètement désolidarisé qui donne à son plus haut degré la sensation d’entendre deux musiciens jouer ensemble.

Ce sont les bassistes de jazz des années 20 qui ont développé cette technique lorsque le jeu de batterie s’étant substitué à l’usage de la seule grosse caisse. La contrebasse a pu commencer à se faire entendre sur tous les temps de la mesure. Les bluesmen l’ont transposé sur leur instrument.

Sur une guitare, la manière de frapper la corde est déterminante sur l’effet produit. Elle permet d’accentuer la différenciation avec le jeu sur les cordes aigues et elle fournit des variations de climat qui donne au blues acoustique toute sa puissance expressive. Robert Johnson a exploité d’une façon exceptionnelle cette richesse de rendu et les colorations de basses qu’il produit demeurent largement un mystère technique.

- illustration vidéo pour "basses roulantes" -

illustration walking basses avec: Robert Johnson "Sweet Home Chicago"

Les basses boogies:

Une forme particulière de ces walking basses allie le principe de construction mélodique des ces dernières et l’aspect percussif des basses monotones. Les cordes graves sont jouées deux par deux, simultanément ou avec un léger décalage, ce qui imite le jeu de main gauche des pianistes de boogie-woogie et donne un drive puissant à la ligne de basse tout en épousant la progression harmonique.

C’est ce style de walking basses avec un très haut degré de séparation que Robert Johnson a introduit dans le Blues au milieu des années 30, même si on en trouve déjà les bases chez Charley Patton. Muddy Waters, Howlin’Wolf, et plus tard Eric Clapton, Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan, adapteront et immortaliseront ce style. Le rock se bâtira essentiellement sur son accélération et son durcissement avec Chuck Berry comme précurseur.

- illustration vidéo pour "basses boogie" -

© texte J.C. LEGROS pour Abc Blues & Soul. Avril 2009

illustration basses boogie avec:

John Lee Hooker " Boogie Woogie"


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