Mais à côté, il appartient à un gang dans lequel il fait les quatre cent coups et commence à tâter de la prison au début des années 60 pour avoir volé les roues d’une Cadillac. A sa sortie de prison, des camarades de collège lui proposent de chanter dans leur groupe, les Upfronts, et d’enregistrer leur 1er 45 Tours "Little Girl" pour le petit label, Lummtone. Malgré le peu de succès sur les radios afro-américaines de Los angeles, Barry a trouvé sa voie. Pendant deux ans, il accompagne les Upfronts, en club et sur disques, puis fait un bref séjour chez Atlantic en 1962 et chez Majestics. Mais c’est sa participation à certains albums en tant qu’arrangeur qui va lui apporter le succès: "Harlem Shuffle", du duo Bob ELF et Earl NELSON, se place dans le Top50 Pop au début de 1964.
Durant cette période, il reste lié à différentes bandes dont l’une participe très activement aux émeutes du ghetto noir de Watts en 1965.
Il court les studios pour y apporter sa participation de producteur, arrangeur ou impressario, activités qui lui permettent d’entrer en 1966 comme directeur artistique chez Mustang & Bronco, de Bob KEENE, qui a lancé la carrière de chanteur Soul de Sam COOKE neuf ans auparavant. Il travaille successivement avec le quartette de Bobby FULLER en 1966, puis avec les chanteuses Viola WILLS et Felice TAYLOR, pour un salaire de 40 dollars par semaine, sans atteindre les sommets des hit-parades avant la sortie du 45 Tours "I Feel Love Comin’ On" qui trouve son public en Angleterre et grimpe dans les hits.
A cette époque, WHITE flirte avec l’idée de percer lui-même en tant qu’interprète et réalise pour Bronco "All in the Run of a Day", dont le manque de succès le ramène à la production. Il connaît alors quatre années difficiles, mais est heureusement soutenu moralement et matériellement par des amis fidèles: Gene PAGE, un orchestrateur rencontré lors de l’enregistrement de "Harlem Shuffle" et le parolier Sterling RADCLIFFE.
En 1969 Barry WHITE découvre un trio de choristes, les Croonettes, composé de Glodean JAMES (qui deviendra sa femme) Linda JAMES (la sœur de celle-ci) et Diana TAYLOR. Convaincu de leur avenir, il devient pour leur compte: compositeur, arrangeur, chef d’orchestre manager et producteur, les rebaptise Love Unlimited et réalise en 1972 l’enregistrement de "Walkin’ In The Rain With The One I love", sur le label Uni, qui obtient un succès considérable. Avec la complicité de Gene PAGE, il met sur pied une formation colossale de quarante musiciens destiné à accompagner le trio vocal: le Love Unlimited Orchestra. Cependant, poussé par Russ REGAN de chez 20th Century et par son ambition personnelle, même si l’idée de devenir chanteur l’a terrifié à une certaine époque, il se décide à sauter le pas et à prêter enfin sa voix sussurante à ses nouvelles compositions.
La sortie au printemps 1973 de "I’ve Got So Much To Give" est un triomphe. Il a trouvé son style, si particulier mélange de soupirs langoureux et d’arrangements sophistiqués, qui évoque les Temptations. Sa vie est bouleversée, personnellement par son mariage avec Glodean JAMES et professionnellement par son nouveau statut de superstar du jour au lendemain.
Les titres de Barry WHITE vont dominer les ondes et les pistes de danse durant tout le milieu des années 70, et tous ses recueils deviennent des best-sellers internationaux. Le single "I’ Gonna Love You Just a Little More Baby", extrait de "I’ve Got so Much to Live", devient N°1 Soul et N°3 Pop. Et cela continue: "Stone Gon’" fin 73, suivi de "Can’t Get Enough" en 74, dont le single "Can’t Get Enough of Your Love Babe", fait un doublé: première place des classements Soul et Pop.
La série se poursuit au rythme d’un succès par an sans discontinuer :
- en 1976 "Let The Music Play"
- en 1977 "Barry White Sings for Someone You Love"
- en 1978 "Barry White the Man"
- en 1979 "The Message is Love".
Il est devenu en peu de temps l’un des artistes les plus vendeurs de son temps , malgré un look de séducteur peu crédible avec sa corpulence imposante, 1m93 pour un poids avoisinant les 160 kilos, qui lui vaut des qualificatifs pas toujours agréables: "le morse de l’amour" par exemple! Parallèlement, il trouve le temps de produire des artistes en studio (Gloria SCOTT, Danny PEARSON) et à travailler pour le cinéma sur des B.O. ou à l’écran.
Mais Russ REGAN, son principal interlocuteur chez 20th Century a quitté la maison de disques, et Barry cherche de nouveaux appuis pour lancer son propre label. Il transfère ses activités chez Unlimited Gold. Début 80, il tente une nouvelle formule en enregistrant un duo avec sa femme Glodean WHITE mais ne retrouve finalement le chemin des hit-parades qu’en 1987 avec "The Right Night & Barry White (Sho’ You Right)". En 1989, Quincy JONES le convie, avec El DeBARGE et James INGRAM, à chanter sur "The Secret Garden (Sweet Seduction Suite)", un opéra érotico-musical qui s’installe tout en haut des classements Black. La saison suivante, il se retrouve en tête des meilleures ventes grâce à "Put Me in Your Mix" (qui comprend un duo avec Isaac HAYES, son "double"). Mais surtout, c’est son dix-huitième recueil, en 1994, "The Icon Is Love", qui illustre parfaitement son extraordinaire capacité à se mettre au diapason des modes. Avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus, un N°1 R&B (son dernier) pour la ballade "Practice What You Preach", également classée dans le Top20 Pop, c’est une réussite artistique et commerciale. Son dernier album, "Staying Power", d’un succès plus discret, est marqué par des duos notamment avec Lisa STANSFIELD et Chara KHAN.
Malgré une fragilité cardiaque, Barry continue à se produire en tournée avec son Love Unlimited Orchestra pour promouvoir ses innombrables compilations, et participe à des projets variés (l’album "Passion" de Regina BELLE en 1993, "Q’s Juke Joint" de Quincy JONES en 1995 ou "Wildest Dreams" de Tina TURNER en 1996).
Cependant, il est de plus en plus souvent obligé d’annuler certains concerts pour problèmes de santé. Il est hospitalisé en août 1999 puis en septembre 2002 pour défaillance rénale suite à de nombreuses années d’hypertension. Placé sous dialyse il meurt le vendredi 4 juillet 2003, jour de la fête nationale, à l’hôpital Cedars-Sinai de Los Angeles à l’âge de 58 ans.
En mai, la municipalité de Los Angeles donne son nom à un parc de la ville.
© texte de YS pour Abc Blues & Soul. 2ème Prix au concours "Deuxième anniversaire du site". Décembre 2008. Contactez YS par la messagerie du site.