Le free jazz (ou New Thing) est un style de musique qui se développe dans les années 1950 et 60, emmené par les pionniers Charles Mingus, Ornette Coleman, Eric Dolphy et Albert Ayler. John Coltrane est un des musiciens qui, dans ses dernières œuvres, réalise quelques-uns des meilleurs morceaux de free jazz. Comme toutes les autres formes de jazz, le free jazz est toujours pratiqué. Historique La première trace phonographique d'une forme d'improvisation libre est l'enregistrement de deux albums de Lennie Tristano pour Capitol en 1949, Intuition and Digression. Ces enregistrements n'auront toutefois pas d'influence directe sur le mouvement free jazz à proprement parler. La musique de Charles Mingus va aussi dans la direction du free, particulièrement avec ses albums Pithecanthropus Erectus (1956), The Clown, etTijuana Moods (1957), dans lesquels il emploie une technique qui consistait à fredonner les thèmes à ses musiciens, et les laisser déformer la mélodie à leur guise. Au milieu des années 50, le saxophoniste Jackie McLean explore un concept qu'il appelle « The Big Room », où les règles strictes du bebop pouvaient être assouplies, ou abandonnées, selon la volonté du musicien. La date de naissance du free est plutôt considérée comme étant les années 1959/1960, avec les albums d'Ornette Coleman Something Else! (1959), Tomorrow is the Question (1959), ainsi que les deux premiers albums de Cecil Taylor (Jazz Advance et Looking Ahead). Ces albums contiennent encore une structure semblable à celle du bebop et du hardbop. Le tournant décisif fut le déménagement d'Ornette Coleman à New York, et sa signature chez Atlantic Records, où il enregistra les albums The Shape of Jazz to Come et Change of the Century qui marquèrent une rupture importante avec ses travaux précédents. Il reste encore une trace de la structure thème-improvisation-thème, mais la grille a disparu, les harmonies ne sont plus reconnaissables, et les improvisations ne sont en conséquence plus limitées par la structure de la grille harmonique. Lorsqu'Ornette Coleman intitule un disque de 1960 Free Jazz: A Collective Improvisation, où un double quartet improvise simultanément, le nom du disque devient celui du mouvement. Des personnalités musicales comme Eric Dolphy, à travers ses solos exhubérants, John Coltrane, Chico Hamilton, ou Albert Ayler, qui développe un son de saxophone ténor écorché vif au vibrato extrêmement prononcé, contribuent aussi au développement du son du free jazz. D'autres musiciens plus marginaux ont aussi participé au développement du free jazz: - La musique de Sun Ra peut aussi être catégorisée en tant que free jazz, en particulier ses travaux des années 60, motivés par une démarche ésotérique assez complexe, et en dépit du fait que Sun Ra ait répété que sa musique était écrite.
- Le trio de Jimmy Giuffre, avec Paul Bley et Steve Swallow, qui reçut très peu d'attention durant la période où il fut en activité (1960-62), mais qui est désormais reconnu comme l'une des formations les plus innovantes du free.
L'apogée du free jazz est certainement les années 1960, mais des musiciens comme David S. Ware, Matthew Shipp, Peter Brötzmann et Joe Morris continuent de jouer ce que l'on appelle du free. Des musiciens comme James Blood Ulmer, Sonny Sharrock, Ronald Shannon Jackson ont développé des styles combinant des éléments du free jazz et du jazz fusion. Définition Habituellement, cette musique est jouée par de petits groupes de musiciens. Certains critiques de l'époque croyaient que l'abandon des éléments familiers du jazz était dû à un manque de technique de la part des musiciens. Ce point de vue est devenu marginal et cette musique a pu se construire une forte tradition. Elle reste toutefois moins populaire que d'autres formes de jazz. Le free jazz utilise les bases du jazz mais avec une composition moins structurée que les styles précédents. L'improvisation, par exemple, y tient une grande place, le free jazz étant d'ailleurs un des principaux « inspirateurs » du genre improvisation libre. Cependant, le free jazz est beaucoup plus facile à caractériser par la comparaison, par ses différences d'avec les autres formes de jazz, sortes de tiroirs pratiques dans lesquels on range des genres très différents, tels que le ragtime des débuts, le swing, le be-bop, le jazz fusion, ou encore des styles plus récents tels que l'ethno-jazz, que par une définition nette. Ces autres formes de jazz ont des tempos puissants, sur des rythmes métriques, habituellement en 4/4, ou parfois en 3/4. Le free jazz maintient normalement un rythme de base, mais sans mètre régulier, avec accélérations et baisses subites, comme la houle marine. Il arrive souvent que les musiciens d'un même orchestre jouent sur des tempos différents. Un rythme général se dégage cependant de cette musique, le tempo n'a pas disparu. Ce genre de musique a influencé des artistes aussi importants et divers que Miles Davis, Tim Buckley ou encore Frank Zappa à un moment de leur parcours musical. lire la suite sur Wikipedia... | Albums conseillés New Thing! (2Cd=16 titres) The Old New Thing: The History of ESP-Disk (2Cd=21 titres) Atlantic Jazz: The Avant Garde |